Introducción – Cruzar la frontera: literatura y ciencia

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    El presente número 16 de la revista Épistemocritique surgió con el propósito de dar mayor visibilidad a las diversas líneas de investigación que, a lo largo de estos últimos años, han venido dedicándose en España a «la literatura y los saberes». Expresión de un interés creciente por estas cuestiones, tanto del lado de las ciencias como de las humanidades, Pasos hacia una epistemocrítica hispánica es una obra colectiva realizada en el seno del Proyecto de Investigación ILICIA.

Autores // Auteurs

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Francisco González Fernández (Paris, 1964) est professeur titulaire de l’Université d’Oviedo, spécialiste de la littérature française moderne et contemporaine, en particulier les œuvres de Flaubert, Lautréamont, Artaud, Bonnefoy, Proust et Beckett. En 1999 il a publié l’essai intitulé La scène originaire de Madame Bovary et, en 2006, l’étude Literatura francesa del siglo XX.

Introduction – Franchir la frontière : littérature et science

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Ce 16e numéro de la revue Épistémocritique est né dans le dessein de rendre un peu plus visibles les diverses lignes de recherche portant sur «la littérature et les savoirs» que l’on poursuit depuis ces dernières années en Espagne. Expression d’un engouement grandissant pour ces questions, aussi bien du côté des sciences que des humanités, Vers une épistémocritique hispanique est un ouvrage collectif réalisé dans le cadre du Projet de recherche ILICIA.

DE L’OPTIQUE AU MENTAL. LA POÉTIQUE COGNITIVE DE BERNARD NOËL

De manière parallèle à sa poésie, Bernard Noël développe une œuvre en prose qui pose des interrogations d’ordre cognitif, tout particulièrement autour de la perception visuelle. L’exploration de dispositifs technologiques (l’appareil photographique) et de mises en scène de l’acte de création (la scène du peintre au travail) sert à vérifier la pertinence des intuitions et des réflexions du poète au contact des sciences cognitives actuelles. Le trajet de l’optique au mental s’inscrit de la sorte dans une compréhension incarnée et gestuelle de la cognition qui vise également le surgissement du langage. Sa poésie devrait alors être comprise comme l’aboutissement du processus. Mots-clés: poétique cognitive, perception visuelle, cognition gestuelle, cognition incarnée, Bernard Noël

Introduction

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En juillet 2013, alors que la grande chaleur du plateau castillan sévissait, une vingtaine de chercheurs de disciplines diverses ont trouvé refuge – durant trois journées – auprès de la fraîcheur des vieilles pierres de la Faculté de Lettres de l’Université de Salamanca. Venus des quatre coins de la « Peau du taureau » et de plusieurs angles de « l’Hexagone », ils ont cherché à réunir art et mathématiques, physique et littérature, neuroscience et poétique, anthropologie et intelligence artificielle, biologie et esthétique sous l’enseigne des « Inscriptions littéraires de la science ». L’équipe de recherche éponyme – ILICIA, de son acronyme – les avait invités, espérant ainsi inaugurer un dialogue de disciplines, unique dans le domaine académique espagnol. Depuis, le dialogue a fait route et deux projets de recherche se sont succédés, accompagnés de publications. Au moment où ce volume paraît, un projet ILICIA. Inscriptions littéraires de la science. Langage, science et épistémologie1 se trouve en cours.

Crédits et Table des matières

Ce livre a été réalisé au sein du Projet de Recherche ILICIA. Incripciones literarias de la ciencia. Lengua, ciencia y epistemología du Ministerio de Economía y Competitividad d‘Espagne (Proyectos de I+D, del Programa Estatal de Fomento de la Investigación Científica y Técnica de Excelencia, Subprograma Estatal de Generación de Conocimiento). Réf. FFI2014-53165-P, Université de Salamanca.

Le miroir qui décrit. Lecture Neurocognitive de La Jalousie de Robbe-Grillet

Une fenêtre s'ouvre sur le paysage. Elle cadre des scènes humaines. La fenêtre est recouverte d’une jalousie dont les lames cachent partiellement les détails du paysage et des scènes. La vision à travers cette fenêtre possède de nombreux points aveugles – de nombreuses bandes qui empêchent de voir. La profusion de ces bandes incite la description à adopter un fonctionnement rappelant celui de la rétine et son point aveugle (celui où elle entre en connexion avec le nerf optique) : le cerveau remplit cette cécité avec de l’information venant de l’image visuelle des alentours de ce point, tout en cherchant de la cohérence (ainsi que le font les systèmes de photographie numérique actuelle). Mais il arrive parfois que dans le point aveugle l’on puisse voir des images sans relation avec l’entourage et qui seraient dues à d’autres aires cérébrales ; il y a des sujets qui affirment y voir des dessins animés1. Une situation de cet ordre pourrait concerner le regard qui se charge de la description dans La Jalousie : doit-elle remplir les zones aveugles de sa vision ? Et si c’est le cas, comment s’y prend-elle ? Au moyen d’un tissu narratif-descriptif cohérent avec ce qui a été effectivement vu ? Ou au moyen de la description d’images envahissantes qui n’ont pas été capturées par la rétine et qui viennent de quelque région cérébrale ? Les pages qui suivent exploreront les réponses que propose le roman2. Téléchargez cet article au format PDF: pdf/Lanza.pdf

Sens séduits. Aspects neurocognitifs de la lecture poétique

Les déviations de sens qui fondent le langage poétique font ici l’objet d’une approche neurocognitive par le biais des voies de lecture (phonologique et lexicale) qui lient les régions cérébrales impliquées dans le processus : celle de la reconnaissance visuelle des lettres, celle d’attribution du son et celle d’attribution du sens. On tire parti pour cela de concepts tels que « bigramme », « arborescence du mot » ou amorçage. Sur un poème de Verlaine, sont étudiés des cas d'homophonie, de rébus et d’attraction sémantique dans lesquels les sens séduits sont aussi bien physiques que lexicaux. Mots-clefs : Neurocognition. Lecture. Erreur poétique. Bigrammes. Rébus.