FORME-MOUVEMENT, FORME-TEMPS : THÉORIES DE LA MORPHOGENÈSE CHEZ PAUL VALÉRY, THEODOR SCHWENK ET BOTHO STRAUSS

A la croisée de la science et de l’esthétique, la notion de forme a intéressé les scientifiques aussi bien que les artistes qui, depuis Goethe, reconnaissent une même générativité à l’œuvre dans les variations morphogénétiques de la nature et dans les images créées par l’homme. Pour illustrer cet intérêt commun, cette étude se penche sur l’œuvre de trois éminents « penseurs morphologiques » – Paul Valéry, Theodor Schwenk et Botho Strauss – qui, à partir de lieux d’intervention différents (la science pour l’un, la poésie pour les deux autres), ont produit un savoir original sur la forme. Matérialisé à travers une forme elle-même esthétique, ce savoir déplace les frontières de la connaissance en redistribuant les rapports de l’art et la science, mais aussi ceux du sujet et de l’objet, de la nature et de la culture, de l’esthétique et de la connaissance. Il fraye ainsi la voie à une nouvelle compréhension de l’esthétique, qui peut dès lors être entendue comme science des arts autant qu’art des sciences. Mots-clés: science et esthétique, morphogenèse, Paul Valéry, Theodor Schwenk, Botho Strauss

Déclinaisons. Le naturalisme poétique de Lucrèce à Lacan

Jonathan Pollock Déclinaisons. Le Naturalisme poétique de Lucrèce à Lacan Paris, Hermann, coll. « Fictions pensantes », 2010 ISBN : 9782705670702 193 p. – 23 € Les anciens atomistes (Démocrite, Épicure, Lucrèce) n’ont pas dit leur dernier mot. Désavoués par la physique moderne, leurs idées n’ont cessé d’inspirer le naturalisme poétique. L’essai que Jonathan Pollock consacre à l’influence du poème didactique de Lucrèce (« De rerum natura ») sur la littérature occidentale moderne.

Bodies of Knowledge: anatomy, complexity and the invention of organizational systems, 1500-1850

Appel à contribution Date limite : 1 février 2010 Bodies of Knowledge: anatomy, complexity and the invention of organizational systems, 1500-1850 Beginning with the remarkable work of Andreas Vesalius (1543), anatomists sought to create new narrative arrangements that mimicked the internal organization of the body. In the years following the publication of Vesalius’ systematic arrangement of anatomical narratives provided an opportunity for examining avariety of topics across many disciplines.

Sciences, connaissances et pratiques de communication

Dans le cadre du cluster « Enjeux et Représentations des Sciences, des Technologies et de leurs Usages »: Mercredi 9 décembre 2009 de 14h à 17h, salle R 20 École normale supérieure Lettres et sciences humaines 15, parvis René Descartes, BP 7000, 69342 Lyon cedex 07 Le séminaire sera consacré à l’actualité de la recherche consacrée aux approches communicationnelles des sciences, à partir de trois visions internationales des transformations du rapport à la recherche et à la diffusion des sciences.

Le livre scientifique. Définition et émergence d’un genre (1450-1850) . Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine

Ce projet est né d’un double constat : l’absence d’histoire du livre scientifique dans une diachronie large et la méconnaissance des fonds scientifiques présents dans les bibliothèques d’Aquitaine, dans une région où la vie scientifique et intellectuelle, de Montaigne à Pierre Duhem, a été vivante et s’est manifestée par l’importance de bibliothèques publiques ou privées.

« Le médecin et le savant chez Zola : des personnages prométhéens. »

Intervention de : Elise RADIX, Docteur ès Lettres, université Lyon 3, professeur agrégé. Il s’agira d’analyser des personnages de médecins et de savants dans l’oeuvre d’Émile Zola, notamment dans Lourdes où la médecine est confrontée aux croyances, aux miracles (en opposition avec la vision catholique d’un Huysmans dans Les Foules de Lourdes) et où le médecin est porteur d’une avancée idéologique, de même que dans Paris où le savant et la science qu’il représente sont porteurs d’un progrès social.

L’ennui, 19e-20e siècles

Colloque international L’ennui, 19 e-20 e siècles Approches historiques Jeudi 29 novembre, vendredi 30 novembre & samedi 1 er décembre 2007 Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne organisé par Pascale Goetschel, Christophe Granger, Nathalie Richard & Sylvain Venayre Centre d’histoire sociale du xx e siècle (Paris 1/CNRS) Centre de recherche en histoire du xix e siècle (Paris 1-Paris 4) Centre d’histoire du monde moderne et des révolutions (Paris 1) Centre Alexandre Koyré (EHESS, CNRS, MNHN)

Editorial

et
La présence des théories de l’évolution et, en particulier, des références darwiniennes dans la fiction britannique contemporaine est notable et a fait l’objet de plusieurs études récentes1. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer et, parmi eux, le développement d’un courant qualifié de néo-victorien, qui réunit des œuvres dont l’intrigue se situe en totalité ou pour partie au XIXe siècle. Sally Shuttleworth a pu mettre en relation la floraison de ces romans dans les années 1990 avec la politique menée par le gouvernement de Margaret Thatcher. Selon Shuttleworth, ce choix narratif permettait une double critique, par une discussion des structures de la famille victorienne exaltées par M. Thatcher comme un modèle d’ordre et de stabilité et par la mise en perspective du XIXe siècle anglais à un moment où le gouvernement s’en servait pour justifier une forme de darwinisme social2. L’œuvre d’Antonia S. Byatt s’inscrit pour une large part dans ce champ, en accordant une place importante à l'époque victorienne, que tout le récit y prenne place3 ou qu'il se construise dans l'alternance des deux plans temporels4.

Présentation

La plupart des scientifiques s’entendent aujourd’hui pour penser que la biologie sera le paradigme scientifique du 21ème siècle. Dès le début des années 1970, le succès rencontré par certains essais de biologistes, comme ceux de Jacques Monod et de François Jacob, avait inspiré à de nombreux commentateurs l’idée qu’un « événement » intellectuel était en train de se produire : « Nous sentons, écrivait notamment Edgar Morin dans Le Nouvel Observateur, que toutes les grandes interrogations de ce siècle doivent de plus en plus se référer à la révolution biologique qui s’accomplit »[1].

Poétique et épistémologie du vivant dans l’œuvre scientifique et théâtrale de Georg Büchner

« Je passe mes journées avec le scalpel et mes nuits avec les livres […] », écrit Büchner à son frère Wilhelm en 1836. Büchner, qui était à la fois médecin et dramaturge, passionné par l’anatomie et la physiologie du cerveau, n’a jamais séparé son activité scientifique de son activité créatrice. Son « théâtre de l’anatomie » ne peut donc être compris sans tenir compte de sa pratique de la dissection, de la conception du vivant et de l’épistémologie qu’il a élaborées au fur et à mesure de ses recherches en médecine et en biologie, qui rejoignent ses préoccupations sur l’organisation sociale et le sens de l’histoire. L’œuvre littéraire et scientifique de Büchner manifeste une unité de sens qui trouve finalement son principe dans le corps, origine et fin de toute connaissance, en même temps que ressort principal d’une esthétique anti-idéaliste, qui veut exposer le vivant dans sa matérialité nue, dans son essentielle vulnérabilité. Cette esthétique porte la trace du geste de disjonction qui fonde l’anatomie dissectrice, élevant le fragment au rang de forme-sens qui, indépendamment des énoncés dont il est porteur, exprime la violence et la radicalité du geste qui découpe, décompose, morcelle pour donner à connaître.

Le « corps » des sciences et le « cerveau » de la poésie : quelques réflexions sur la poésie scientifique de Botho Strauss et Durs Grünbein

Dans les années quatre-vingt-dix, les neurosciences ont pris un caractère paradigmatique qui leur a permis de renouveler nos conceptions des rapports entre corps et esprit, mémoire et imagination, conscience et subjectivité. Dans un contexte de naturalisation de la connaissance, leur impact s’est manifesté bien au-delà des frontières de la science, notamment dans le domaine de l’esthétique dont elles ont contribué à redessiner le paysage et à reconceptualiser certains thèmes fondamentaux. Cette évolution a favorisé l’émergence de nouvelles disciplines, comme la neuroesthétique, mais aussi de nouvelles formes poétiques qui mobilisent les ressources du neuronal pour comprendre leur propre mode d’émergence et leur effet sensible sur le lecteur.

Ecrire avec les nerfs : Médecine et anatomie chez Georg Büchner

Résumé : À la fois médecin et poète, Georg Büchner a laissé une œuvre dramatique foncièrement novatrice qui utilise l’autopsie comme méthode pour transporter dans la littérature une qualité propre à la science empirique alors en train de s’affirmer : la fracture, la fragmentation, l’observation. Dans Woyzeck, l’explosion de la forme ne relève pas seulement d’une approche esthétique, elle s’inscrit également dans une conception du vivant et une épistémologie que Büchner élabore au fur et mesure de ses recherches en médecine et en biologie, recherches qui rejoignent ses préoccupations sur l’organisation sociale et le sens de l’histoire.

Editorial. Du savoir à la fiction… et retour !

La vérité de la fiction Cette dixième livraison de la revue Epistémocritique est consacrée à la question d’agrégation de littérature comparée 2012 : Fictions du savoir. Savoirs de la fiction. Les trois œuvres au programme – Les affinités électives de Goethe (1809), Mardi de Melville (1849), Bouvard et Pécuchet de Flaubert (1881) – s’échelonnent sur tout le XIXème siècle, siècle de rupture entre les sciences et les lettres, mais aussi siècle d’explosions scientifiques qui voit le champ du savoir se fragmenter en disciplines cloisonnées tandis que se fait jour un fantasme de totalisation visant à récupérer une forme d’unité dans la dispersion.

Editorial. La géocritique au confluent du savoir et de l’imaginaire

Cette neuvième livraison de la revue Epistémocritique est consacrée à une approche critique aujourd’hui en plein essor, dont l’actualité éditoriale vient d’être relancée par la parution du dernier livre de Bertrand Westphal, Le Monde Plausible. Espace, Lieu, Carte (Paris, Minuit, 2011). La géocritique vient témoigner d’un intérêt renouvelé pour les relations de la littérature à l’espace qui, depuis les années quatre-vingt-dix, s’est manifesté non seulement dans le champ des études littéraires mais aussi dans celui de la géographie qui cherche à réinscrire le sujet dans l’espace, en tenant compte de sa dimension de construction sociale et des représentations culturelles qui le façonnent.

La Pampa de César Aira : de l’invention de l’espace à l’espace de l’invention

  Georges Poulet a défini le labyrinthe comme « une prison sans murs, ou du moins sans bornes, une prison qui emprisonne non par privation d’espace mais par excès de celui-ci ». La forme la plus radicale du labyrinthe serait alors le désert parce qu’il donne l’image du renouvellement indéfini du même, qui enlève à l’œil tout repère et toute base, le plongeant dans le vertige de ce qui n’a ni limite ni forme précise[1].

Editorial

Editorial. Cette huitième livraison d’Épistémocritique s’ouvre résolument à la diversité pour explorer quelques-unes des voies émergentes dans le champ des relations entre savoirs et littérature. La première d’entre elles, l’écocritique – connue aussi sous le nom de « critique environnementale” – est déjà solidement établie dans le monde anglo-saxon mais elle commence seulement à pénétrer la critique de langue française.

EDITORIAL. Le vivant et la machine.

"Je me dis souvent que nous avons recodé en métaphores techniques la vie décodée. La représentation des animaux-machines de Descartes réapparaît dans la symbolique cybernétique. Nous n’avons rien trouvé d’autre au fond du vivant qu’un appareil d’information complexe. Notre perception est unilatéralement déterminée par les modèles que nous construisons précisément nous-mêmes avec notre technique et utilisons en priorité. Ainsi se suivent les modèles mécanique, organique et informatique. Chaque fois aussi concluant, aussi irréfutable, jusqu’au prochain modèle, plus intelligent." (Botho Strauss, Personne d’Autre, p. 150)

Editorial

Cette nouvelle livraison d’Epistemocritique se penche sur la notion de machine, souvent mobilisée par la littérature pour servir de miroir à l’humain, mais qui intéresse aussi en tant que dispositif textuel. De l’homme-machine à la machine-texte, c’est tout un éventail de machinations textuelles qu’explorent les études réunies ici.

Editorial

Cette cinquième livraison de la revue Epistemocritique pourrait être placée sous l’égide de Goethe, dont la pensée esthétique et épistémologique est mise à l’honneur dans plusieurs études. Outre ses travaux en optique, Goethe a œuvré dans de nombreux domaines scientifiques : botanique, anatomie, physique, géologie, météorologie, etc. Ses théories sur l’émergence des formes naturelles et sur la perception ont intéressé aussi bien les scientifiques que les écrivains, contribuant ainsi à tisser des liens entre dynamique de la forme et discours de la biologie.

La Pensée inquiète

Parce qu’elle met en jeu des procédures cognitives qui diffèrent de celles de la science ou de la philosophie, la littérature se conçoit souvent comme contre-savoir poétique ou même comme non-savoir. Par là, elle cherche moins à tracer une frontière qu’à exhiber le retournement toujours possible du déjà-su en insu, des réponses admises en nouveaux questionnements, de l’irrationnel en figure possible d’une autre raison.