« C’est la faute à Roucher… » Gloire et déclin de la poésie scientifique dans Les Mois

Le frontispice du premier des deux volumes in quarto de l’édition originale des Mois de Jean-Antoine Roucher, parue en 1779 avec une liste de souscripteurs impressionnante, affiche une ambition que d’aucuns pourraient juger démesurée et qui ne va pas sans rappeler les prétentions de M. de l’Empyrée, le poète ridicule de La Métromanie de Piron. En effet, la légende qui accompagne la belle gravure d’après Moreau le jeune affirme : « Mes chants reproduiront tout l’ouvrage des Dieux ». Même avec plusieurs milliers de vers, l’on est fondé à supposer que la place accordée à la science ne sera pas considérable pour un poème qui se fixe un tel but. Avant d’aller plus loin, il convient sans doute de se demander si l’on ne pourrait pas attendre une division nette entre l’ouvrage des Dieux et celui des hommes, même si dans la grande tradition des Saint-Lambert et des Delille, les sciences servent souvent à mettre en évidence le génie de la nature. Je voudrais montrer que Roucher s’inscrit dans une généalogie ou une tradition de poètes scientifiques, ayant Lucrèce, entre autres, pour modèle.

Sexing the body. The case of Giacoma Foroni

Abstract: Giacoma Foroni, born near Mantua in 1779, was raised as a girl and believed herself to be one. Her unusual sexual organs were deemed female by different midwives, both at her birth and after puberty. The value of outward appearance, anatomical knowledge, the way to define an individual’s sex, the question of case studies, etc.