Éléments de réflexion pour une géocritique des genres

 Il s’en est passé des choses depuis qu’Aristote et Platon ont discuté des notions de topos et de chôra, établissant ainsi une distinction entre la topicité d’un lieu (sa longitude, sa latitude et son altitude) et sa chorésie (la valeur et le sens que l’humain lui confère)[1]. Il en a coulé de l’encre depuis qu’Emmanuel Kant, dans sa Critique de la raison pure (1781), cherchait à fonder les mathématiques et la physique en déterminant les conditions de la perception des objets, l’espace n’étant pas un concept empirique dicté par des expériences passées mais une représentation indispensable à toutes intuitions externes.