Viralité et humanité : la figure du non-corpum chez David Mitchell

David Mitchell, auteur britannique contemporain, a introduit au sein de son univers fictionnel des personnages de non-corpum, des entités dotées de conscience mais dépourvues de corps qui parasitent les humains. Deux romans en particulier les mettent en scène : Ghostwritten (1999) et The Bone Clocks (2014). Il s’agira ici d’étudier en premier lieu comment la viralité est mise en scène, puis d’examiner la valeur sémiotique du non-corpum laquelle s’articule à la pratique du diagnostic. À la fois signes et symptômes, ces figures virales offrent à nos sociétés contemporaines un miroir où viennent se refléter l’angoisse de la contamination et de l’impuissance ainsi que la crainte de voir le sujet dépossédé de soi. Mitchell utilise les non-corpum pour opérer un travail de couture entre plusieurs romans, mais aussi plus largement entre plusieurs traditions de pensée et plusieurs époques. Ce faisant il vient perturber les hypothèses de lecture occidentales les plus courantes, notamment via la référence à la métempsychose et la mise en œuvre de stratégies de réplication. Mots-clés David Mitchell, Ghostwritten, The Bone Clocks, métempsychose, viralité, diagnostic, peurs contemporaines, non-humain.