Du mécanique plaqué sur du vivant : images de l’Africain-machine dans les discours scientifiques et littéraires occidentaux, XVIIIe-XXe siècles

  « L’Africain paroît être une  machine qui se monte et se démonte par ressorts, semblable à  une cire molle, à qui l’on fait prendre telle figure que  l’on  veut”[1] : c’est ainsi que l’Abbé Demanet définit l’homme noir dans sa Nouvelle histoire de l’Afrique françoise, publiée en 1767. Cet aumônier pour le Roi en Afrique, affecté à l’île de Gorée de 1763 à 1765, crée sept ans plus tard la Compagnie de Guyane, censée servir au financement d’un vaste plan d’évangélisation, et pour laquelle il obtient le monopole de la traite négrière sur la côté d’Afrique[2].