POÉTIQUES DE LA DEUXIÈME PERSONNE POUR L’ÉPOQUE DE LA REPRODUCTION TECHNIQUE

Bruno Latour, l’anthropologue et sociologue de la science, a théorisé plusieurs fois sur l’hybridation des choses, les espaces et l’identité. Les choses permettent que les inscriptions soient publiques de telle sorte que la re-présentation soit possible (ou dans son propre jargon particulier, re- inscription est le passage d’inscriptions d’espace à espace). Les collections, échantillonnages, ameublements de maison, les archives et bibliothèques, les musées, les laboratoires, les réseaux numériques et les bases de données sont des conditions qui ne sont ni au-dessus ni en dessous de la nature sociale des productions culturelles. Dans la culture, les espaces, les artéfacts et les communautés sont inextricablement liés et constituent les différentes formes d’identité qui caractérisent nos expériences. Les identités dont il est question dans cet article sont des identités épistémiques et esthétiques, tout particulièrement esthétiques (bien que les concepts qui émergent de presque tout ce que nous pourrions dire sur les identités esthétiques sont bien applicables aux identités épistémiques). Nous comprenons ces identités comme des groupes sociaux qui sont normativement organisées autour de certaines propriétés qui, dans le premier cas sont des propriétés esthétiques et, dans le second cas, sont des propriétés épistémiques (c’est-à-dire, ce sont des groupes qui sont organisés, respectivement, dans les sphères de l’histoire de l'art et de la littérature ou dans les domaines de l’histoire de la connaissance dans ses différentes disciplines académiques). Mots-clés : Bruno Latour, identités épistémiques, identités esthétiques