Dans le ventre de la baleine : voyages intérieurs et métaphore parasitaire dans la culture populaire

Cet article montre combien le motif d’un personnage avalé par un monstre marin, qu’il soit une baleine ou un gros poisson, a laissé une trace tenace dans la culture populaire. On a distingué quatre moments principaux dans la formation de ce motif littéraire. Pinocchio (1881) ou le prophète Jonas expérimentent tous deux un rite de passage après avoir été dévorés, mais pas digérés, par le monstre ; d’autres personnages ne sont plus prisonniers de la baleine mais la traversent comme une simple péripétie comique, à la manière du Baron de Münchhausen (1785) ; d’autres, encore, exploitent la carcasse de l’animal pour y récupérer viande et huile ou y construire une étonnante salle de théâtre au XIXème siècle. Aux XXème et XXIème siècles, la science-fiction va plus loin encore en imaginant que les baleines sont vivantes au moment où elles sont réduites en esclavage. Entre commensalisme et symbiose, l’homme qui l’habite devient un parasite. C’est tout particulièrement sur ce renouvellement du mythe que l’article insiste. Mots-clés Sky whale, science-fiction, baleine, parasite