Enjeux philosophiques et historiques de l’encyclopédisme antique : une conception positive de la connaissance

Afin de donner une place à l’Antiquité classique au sein d’un vaste programme embrassant une chronologie étendue, nous nous proposons non pas de nous arrêter sur un corpus particulier ou une question précise et technique mais de poser plutôt des jalons contextuels en passant en revue quelques questionnements qui occupent notre réflexion et notre travail sur les textes de savoir et la constitution des corpus scientifiques. Nous inscrirons volontiers ces prolégomènes comme une tentative de revalorisation, si tant est qu’il en soit besoin, de la pensée et de l’écriture encyclopédiques. Entendons par là la nécessité souvent ressentie d’accorder une valeur heuristique et théorique, au sens fort, aux textes relevant de la compilation et de la synthèse des connaissances.

Introduction

L’essor de l’encyclopédisme numérique, dont le succès de Wikipedia est le signe le plus frappant, n’est pas sans bousculer un paradigme classique qu’on croyait établi depuis Diderot et d’Alembert, ni sans interroger le statut du savoir dans la société. Le vieillissement rapide des encyclopédies générales de référence, comme l’Encyclopedia universalis française éditée dans les années 1980, le montre de manière patente. Ce phénomène rend d’autant plus actuel le besoin de comprendre les origines de l’encyclopédisme tel que nous le connaissons : tout ce qui ne va plus de soi, depuis quelques décennies, n’allait justement pas de soi jusqu’à l’avènement de la modernité.