L’accès aux lointains: Fiction et savoir au XVIIe siècle

Abstract: Entre le tournant copernicien négocié par Kepler et Galilée, et la rupture opérée par Newton, l’astronomie reste une science conjecturelle. Le débat cosmologique fait rage et s’appuie bien souvent sur des outils que nous ne considérons plus comme scientifiques : des récits, des images, des fictions. Dans les textes astronomiques du XVIIe siècle, à la fois sérieux et ludiques, scientifiques et imaginaires, se joue moins une « révolution astronomique » qu’une lente acceptation de l’idée d’une Terre excentrée dans un cosmos infini. La bataille doit d’abord être gagnée sur le front des images. Au cosmos ancien il faut substituer un cosmos élargi, transformé, un ordre des planètes bouleversé. Dans ce contexte, la fiction et le récit jouent un rôle central, car ils permettent de substituer une nouvelle image mentale du cosmos à l’ancienne. Seule la fiction peut permettre de dépasser les limitations du réel observable pour trouver un point de vue nouveau d’où décrire le monde.