Le parasite, de l’être mimétique à l’inquiétante familiarité

L'existence du parasite est conditionnée par l’autre, il vit aux dépens d'un autre organisme, d'une autre structure. Dans cet article, nous nous intéressons aux parasites surgissant dans la littérature mais aussi dans les sciences et tout particulièrement en biologie. Nous allons axer notre réflexion sur une stratégie parasitaire, le mimétisme. Comme l’œuf du coucou (oiseau parasite) ressemblant à l’œuf de son hôte, le parasite, à travers le mimétisme, a deux objectifs : se faire accepter par l'hôte et le remplacer progressivement. Tartuffe, par exemple, le plus célèbre des parasites de Molière, singe la dévotion et devient le directeur de conscience d’Orgon. Il se fait ainsi accepter dans la famille et va prendre doucement la place du maître de la maison. Cependant, malgré le mimétisme du parasite, il reste dans son comportement, son physique, ses attitudes, des anomalies engendrant une inquiétante étrangeté. Ainsi, dans la nouvelle de Le Fanu, Carmilla, le vampire ressemble étrangement à Laura et, de plus, réactive des souvenirs chez cette dernière. L'hôte ressent cette inquiétante familiarité en compagnie du parasite. Nous allons dans cet article répondre à plusieurs questions : quelles sont les principales stratégies parasitaires ? Comment cette inquiétante familiarité perturbe-t-elle l'identité de l'hôte ? Notre hypothèse est que même si la relation parasitaire est coûteuse pour l'hôte, elle est aussi source de bénéfices. Mots-clés parasitisme, inquiétante familiarité, mimétisme