LITTÉRATURE ET SCIENCE. CONVERGENCE ET DIVERGENCE

Au cours du XVIIe siècle, une fracture de plus en plus grande se creuse, de manière progressive et systématique, entre deux modes de connaissance du monde : la littérature et la science. Les deux raisons à l’origine de cette division font l’objet d’un consensus assez large : il s’agit de l’utilisation des mathématiques comme langage de la science et de l’introduction d’une méthodologie empirique. Il existe cependant une autre cause qui n’a pas été suffisamment traitée dans la littérature. Nous verrons dans cet article que l’introduction, au XVIIe siècle, du télescope et du microscope a permis à la science d’accéder à des domaines de la réalité hors de la portée de l’échelle humaine. Les domaines astronomique et microscopique ont fini par relever exclusivement de la connaissance scientifique et une grande partie de la réalité est ainsi devenue inaccessible pour la littérature et les autres sciences humaines et sociales. La science et la littérature se sont dès lors consacrées à étudier des domaines de la réalité qui s’excluaient mutuellement et elles ont cessé de communiquer. Cette tendance a cependant commencé à s’inverser au cours des dernières décennies. La convergence de la littérature et de la science en tant que formes complémentaires de comprendre le monde passe, principalement, par un traitement à l’échelle humaine des problèmes. Il existe, à l’échelle humaine, de nombreuses questions qui ne peuvent pas être abordées uniquement par la science ou uniquement par la littérature, du fait même de leur complexité ; et c’est dans ce domaine que nous devons rechercher de possibles hybridations, où les sciences exactes et les sciences humaines et sociales pourront dialoguer et interagir, et qui exigeront également de nouvelles stratégies épistémologiques. Mots-clés: Littérature et science, transdisciplinarité, méthode, langage, instruments, épistémologie.