« Shapeless dead creatures … float[ing] in yellow liquid » : Dissection, Exposition et Traitement du Système Nerveux dans Armadale de Wilkie Collins

Résumé : Le roman à sensation, littérature populaire de l’Angleterre victorienne qui naît dans les années 1860, est un genre qui se nourrit des peurs liées au médical. Dans Armadale (1866), de Wilkie Collins, pathologies et thérapeutiques foisonnent, l’intrigue mêlant professionnels de la médecine et charlatans. Mais le roman s’amuse à déjouer le médical, utilisant tout particulièrement des clins d’œil à l’anatomo-pathologie et à la dissection pour mettre en lumière les limites du regard médical et sa définition de l’humain.

Cadavres postiches et mécanique des savoirs dans Bouvard et Pécuchet

Cet article retrace le portrait des savoirs et de leur diffusion que Flaubert présente dans Bouvard et Pécuchet à partir du « cadavre postiche » que les deux bonshommes manipulent au début du roman. En analysant comment les savoirs s’agencent tout au long du roman dès l’initiation des deux compères à l’anatomie, nous montrerons comment Flaubert se sert de la science médicale et de sa construction du corps humain pour démonter les mécanismes de l’ensemble des savoirs, d’une part, et comment ce discours permet à l’auteur, d’autre part, de mettre à nu un discours littéraire fondé sur des stéréotypes, notamment physiologiques, et qui participent, à l’image du mannequin, de la constitution d’un réel artificiel. Par conséquent, à partir de l’exemple d’un modèle anatomique humain, nous soulignerons comment Flaubert soulève la question d’une représentation réaliste dans un monde où l’artifice et le faux viennent rythmer des mises en scène spectaculaires.

De la poupée à l’automate. L’idéal féminin dans le conte de fées victorien

  Lorsqu’en 1886, Villiers de l’Isle-Adam propose une Andréide aux Français, la création « magique »[1] (p. 118) du « grand Inventeur » (p. 122), Thomas Alva Edison, anticipe de quelques années la Fée Electricité, mascotte de l’Exposition Universelle de 1889. Hadaly, cet idéal féminin incarné, en quelque sorte, Belle au Bois Dormant (p. 156) que le scientifique parvient à réveiller et animer grâce à l’électricité, appartient au « royaume de la féérie », un « pays des éclairs » (p.