Henry More ou les esprits animaux au service de la pneumatologie

Mots clefs : Henry More, Descartes, dualisme, métaphysique, conarion, sens commun, spirit.

Résumé : « Cet empire que notre âme a sur les esprits animaux, d’où vient-il ? Comment s’y prend-elle pour les faire couler dans toutes les parties du corps ? ». À cette question que lui pose Henry More dans une lettre du 5 mars 1649, Descartes ne répond pas autrement, le 15 avril 1649, qu’en annonçant que son traité à paraître des Passions de l’âme (publié à l’automne 1649) contient les explications demandées. Pourquoi donc More, qui affiche par cette question sa confiance dans la capacité de la philosophie de Descartes à résoudre la difficulté exposée, reprend-il cependant inlassablement, dans ses premières grandes œuvres philosophiques, An Antidote against Atheism (1653), An Appendix to An Antidote against Atheism (1655) et The Immortality of the Soul (1659), la démonstration que les esprits animaux ne peuvent pas se diriger eux-mêmes, ni être commandés par le cerveau, ou par cette partie du cerveau que Descartes nomme la glande pinéale, mais qu’ils sont l’« instrument général » et « immédiat » de l’âme ? Si la question du principe du mouvement animal ou volontaire revient dans ces différents écrits avec une insistance croissante, c’est que pour More, ce n’est pas de l’union de l’âme et du corps, mais de leur distinction réelle, que témoigne la subordination des esprits animaux au commandement de l’âme. Les esprits animaux constituent à cet égard un rouage essentiel dans la constitution par More de sa première doctrine métaphysique.