« The drive of unliving things » : Parasitisme et addiction dans A Scanner Darkly de Philip K. Dick

Dans A Scanner Darkly de Philip K. Dick (1977), l’une des métaphores maîtresses de l’addiction est celle du parasite. Dick y imagine la Substance Mort, drogue issue d’une fleur qu’il nomme Mors ontologica. L’addiction s’écrit sur le mode parasitaire : le corps est d’autant plus affamé qu’il ingère de grandes quantités de drogue, et s’émacie à mesure que l’addiction grandit. Le parasite devient à la fois moteur et métaphore de l’écriture, et tisse une relation complexe au discours scientifique à travers une réflexion sur l’imagerie médicale comme symptôme d’un désir frustré de transparence à soi. À travers la métaphore parasitaire, ce texte explore une expérience sensorielle qui n’est plus celle d’un sujet au sens traditionnel du terme. Il tente de figurer, expérience impossible, ce que pourrait voir un œil sans vie. Mots-clés Roman, médecine, neurologie, physiologie, addiction, science-fiction, Philip K. Dick, drogue, parasite.

La poésie d’Erasmus Darwin entre science, mythe et pastorale

La magicienne d’Atlas, symbole de l’imagination créatrice dans l’œuvre de Percy B. Shelley (1792-1822), vit au temps où les êtres surnaturels n’ont pas encore été chassés par la révolution scientifique, qui discrimine sans relâche erreur et vérité. Ces montagnes de l’Atlas, univers clos et protégé de la pastorale, forment alors le berceau naturel de créatures littéraires héritées de la poésie antique. Lorsque nymphes, dryades et hamadryades proposent à la magicienne de devenir ses suivantes, « So they might live for ever in the light / Of her sweet presence—each a satellite » , cette dernière refuse de s’associer à leur déclin inéluctable