Système cérébronerveux et activités sensorimotrices de la physiologie ancienne au mécanisme des Lumières

Résumé : Si la médecine ancienne est souvent définie comme une médecine « humorale », c’est avant tout parce que la théorie des quatre humeurs, dont l’équilibre garantirait la bonne santé, est à la base de la réflexion pathologique et de la thérapeutique. En revanche, si l’on se situe sur le plan de la physiologie, le paradigme humoral n’a plus guère de pertinence.

Sous la lame, point d’essence ? L’excoriation dans le théâtre de la Renaissance

Résumé : Théologie, anatomie et théâtre s’affrontent à la Renaissance au sujet de la valeur conférée au corps. Objet de curiosité, d’exploration, de connaissance et d’enseignement, le corps est souvent réduit à une matérialité passive que résume Richard Holmes par cette phrase « Under the knife, there is no self » / Sous la lame, il n’y a point d’essence.

Le Corps syphilitique dans le théâtre anglais de la Renaissance

Résumé : La syphilis fait des ravages en Europe (en particulier en Angleterre) à partir de la fin du XVe siècle, pour connaître une apogée au milieu du XVIe. Elle est à l’origine d’une « grande peur » qui traumatise les esprits et marque profondément les consciences. L’épidémie est d’une telle ampleur qu’elle fait partie du quotidien des contemporains de Shakespeare et de Jonson.

Ecrire avec les nerfs : Médecine et anatomie chez Georg Büchner

Résumé : À la fois médecin et poète, Georg Büchner a laissé une œuvre dramatique foncièrement novatrice qui utilise l’autopsie comme méthode pour transporter dans la littérature une qualité propre à la science empirique alors en train de s’affirmer : la fracture, la fragmentation, l’observation. Dans Woyzeck, l’explosion de la forme ne relève pas seulement d’une approche esthétique, elle s’inscrit également dans une conception du vivant et une épistémologie que Büchner élabore au fur et mesure de ses recherches en médecine et en biologie, recherches qui rejoignent ses préoccupations sur l’organisation sociale et le sens de l’histoire.

Corps mystiques, esprits malades

Résumé : Nerval et Flaubert ont vécu eux-mêmes des hallucinations et ils écrivent à une époque où se diffusent des savoirs médicaux sur le rêve et la folie. Le docteur Jacques Moreau de Tours et Alfred Maury ont particulièrement contribué à faire évoluer les représentations du moi et de la conscience, en ébauchant des thèses pré-freudiennes : transformation des idées en sensations physiques, somatisation, rôle de l’inconscient et du refoulement.

08. Les Corps mesmériques à l’ère victorienne

Résumé : Le mesmérisme connut un succès fulgurant en Europe au XIXe siècle et particulièrement en Grande-Bretagne et en Irlande, des années 1830 à 1860. Phénomène à la fois médical et culturel (la littérature fantastique s’est emparée du sujet et on ne compte plus les spectacles de medium ou de somnambules), le mesmérisme est au cœur de vifs débats entre matérialistes, vitalistes et spiritualistes.

« Shapeless dead creatures … float[ing] in yellow liquid » : Dissection, Exposition et Traitement du Système Nerveux dans Armadale de Wilkie Collins

Résumé : Le roman à sensation, littérature populaire de l’Angleterre victorienne qui naît dans les années 1860, est un genre qui se nourrit des peurs liées au médical. Dans Armadale (1866), de Wilkie Collins, pathologies et thérapeutiques foisonnent, l’intrigue mêlant professionnels de la médecine et charlatans. Mais le roman s’amuse à déjouer le médical, utilisant tout particulièrement des clins d’œil à l’anatomo-pathologie et à la dissection pour mettre en lumière les limites du regard médical et sa définition de l’humain.

Le Singe et l’ange : Le corps de l’origine dans la littérature de la fin du XIXe siècle

Résumé : Cette étude se penche sur la crise épistémologique de la fin du XIXe siècle et sur ses répercussions en terme de représentation de l’origine. Lorsque la science remet en question une iconographie validée par des siècles de croyance religieuse, comment la fiction peut-elle proposer des modes de compensation à la perte de l’image et de l’identité associées à cette dernière ?

Le Corps invisible dans Le Secret de Wilhem Storitz de Jules Verne

Résumé : Cette étude se penche sur la découverte des rayons X par le physicien allemand Wilhem Conrad Röntgen en 1895 et son impact sur un roman peu connu de Jules Verne écrit à la même époque, et cherche à montrer comment le mythe de l’invisibilité, qui intrigue encore aujourd’hui les scientifiques, peut servir à aborder la question du « corps transparent », tel qu’il apparaît dans l’imagerie médicale moderne.