Liaisons dangereuses et biologie de l’évolution

Liaisons dangereuses et biologie de l’évolution : compte-rendu du roman Conflits intérieurs d’Éric Bapteste  par Pierre-Louis Patoine Et si l’humanité n’était pas maître de son destin?   C’est sur cette question provocatrice que s’ouvre l’admirable fable scientifique d’Éric Bapteste, Conflits intérieurs. Celle-ci nous confronte d’emblée au rapport du 8 569 425 789 324 562 178e comité de supervision – comité à l’identité mystérieuse mais dont le numéro suggère déjà son appartenance à une échelle d’existence non-humaine.

Guide des Humanités environnementales

Aurélie Choné, Isabelle Hajek, Philippe Hamman (dir.), Guide des Humanités environnementales, Presses Universitaires du Septentrion, 2016. En dépit de résistances et reculades parfois spectaculaires mais ponctuelles, l’idée qu’il existe bel et bien un problème écologique qui engage la responsabilité de l’humanité, s’est imposée. La COP 21 n’a pas été sans laisser de traces, et il ne se passe plus de jour sans que les médias ne se fassent l’écho de problèmes environnementaux, qu’ils annoncent la disparition de telle ou telle espèce animale, voire de tel ou tel écosystème, ou au contraire qu’ils se fassent les chantres optimistes des bienfaits du développement durable.

La phénoménologie du corps politique de Corine Pelluchon : une poétique de la jouissance

De l’éthique de la vulnérabilité à la phénoménologie des nourritures Si la catégorie de vulnérabilité, grâce aux éthiques du care et aux études féministes, a été investie, puis retravaillée par la philosophie analytique, c’est probablement à Corine Pelluchon qu’il revient de l’avoir fait passer en régime phénoménologique. Ses Éléments pour une éthique de la vulnérabilité abordaient les questions de la vulnérabilité et du care à la suite des travaux de Joan Tronto qui invitaient à congédier l’immanentisme téléologique propre au libéralisme, selon lequel le monde serait un agglomérat d’individus animés par des fins rationnelles et un projet de vie.

Façons de lire, manières de devenir – La lecture comme occasion d’une ethopoétique

L’individuation par la lecture          L’esthétique de la réception que l’on doit à Hans Robert Jauss visait à donner consistance à un grief, d’après lequel la critique littéraire avait considéré des entités là où devraient prédominer des rapports : non seulement la prévalence de la relation avait été passée sous silence mais la recherche, ne s’attachant qu’à l’auteur et à l’œuvre, avait appauvri le système relationnel.

Ecologie et kairologie de l’attention – la pensée de l’individuation d’Yves Citton

L’écologie de l’attention comme écosophie de l’interaction L’entreprise d’Yves Citton s’assimile d’abord à une récusation, celle du paradigme économique orthodoxe, incapable de décrire judicieusement ce qui se joue dans nos processus attentionnels, c’est-à-dire dans l’herméneutique globale se déployant dans notre société de communication-consommation. Il lui préfère un autre paradigme, celui de l’écologie dite « profonde », que le philosophe norvégien Arne Naess a baptisée du nom d’écosophie: « Ecosophie » est composé du préfixe « éco- » que l’on trouve dans « économie » et dans « écologie », et du suffixe « -sophie » que l’on trouve dans « philosophie ».

Quand Kairos sait faire: l’herméneutique de la circonstance de Stanley Fish

À  François Rastier I La lecture comme fitness Un des grands représentants du pragmatisme américain, Richard Rorty, caractérise l’acte interprétatif par le fait de « beat the text into a shape which will serve [the reader’s] own purpose », par le fait donc de « malaxer le texte et de le reformer selon la configuration qui conviendra le mieux aux finalités du lecteur ».

L’ère électrique / The electric age

L’ouvrage montre superbement qu’il ne saurait y avoir une histoire de l’électricité; c’est l’électricité qui, en tant que charge omniprésente, force sans forme ou «média sans contenu», traverse et transforme l’histoire, passant à travers elle comme une décharge complexe. L'électricité, courant invisible que l’on ne peut épingler sur un point fixe précisément parce qu’elle se dissémine à l’ensemble des domaines d’activité, irriguant chaque secteur en fonction des formes et de la vitesse de transformation qui lui sont spécifiques, en fonction de son historicité propre.

Luminous Fish. Tales of Science and Love

Lynn Margulis n’est pas n’importe qui. Quand elle évoque dans ses «contes» l’univers de la Big Science, c’est en connaissance de cause. Aujourd’hui couverte d’honneurs (ses archives sont conservées à la Bibliothèque du Congrès), elle a dû beaucoup se battre pour conquérir la place distinguée qui lui est désormais reconnue.

Les Arpenteurs du monde

Il faut imaginer Alexander von Humboldt et Amédée Bonpland en Laurel et Hardy et Carl Friedrich Gauss en Buster Keaton. La comparaison n’est pas soutenable plus d’un bref moment, évidemment, mais elle permet de traduire un peu de l’impression produite sur le lecteur par le traitement tout à fait extraordinaire que Daniel Kehlmann fait subir à ces admirables savants de la grande époque.

Science on Stage

De la génétique à la mécanique quantique, en passant par la thermodynamique, le théâtre d’aujourd’hui parle de science. Dans Science on Stage, from Dr Faustus to Copenhagen, Kirsten Shepherd-Barr propose un panorama critique de ce dialogue contemporain entre la scène et le laboratoire, en le situant dans une tradition bien plus ancienne du personnage scientifique dans le théâtre européen.

Douglas Hofstadter à Paris 8

Salle pleine. Une audience attentive. Derrière un projecteur de transparents low-tech se tient un jeune homme, presque. Et cela, oui, étonne un peu lorsqu’on se souvient d’avoir été fasciné il y a maintenant presque trente ans par la lecture de son Escher, Gödel, Bach

Rhétorique de la Science

Présentation de l’ouvrage de Fernand Hallyn, Les structures rhétoriques de la science de Kepler à Maxwell (éd. du Seuil, coll. Des Travaux, 2004) par Pierre Macherey, en ligne sur le site de l’U.M.R. 8519 « Savoirs et Textes » dans le Cycle de conférences « Science et littérature » de l’Université de Lille III en 2005 (Responsables : Pierre Cassou-Noguès, Philippe sabot).

« Balzac philosophe malgré lui »

«Une étude sur Balzac dans une collection traitant des limites poreuses entre la littérature et la philosophie – cela semble a priori logique, étant donné l’intérêt du romancier pour la métaphysique et toutes les formes d’idéalisme. Mais Boris Lyon-Caen ne s’attache pas aux essais philosophiques, somme toute assez décevants, de l’auteur de la Comédie humaine ; au contraire, c’est dans cette œuvre-monde même qu’il cherche les éléments d’une pensée du roman, d’une réflexion sur la spéculation théorique et sur ses limites.