« Mûrir sans vieillir jamais ». Conservation de la physique cartésienne dans la poésie néo-latine en Europe du XVIIe au XVIIIe siècle (Polignac, Le Coëdic, Stay)

Résumé/Abstract

Dans ses Pensées sur la décadence de la poésie latine, parues dans le Journal de Trévoux en mai 1722, Pierre Brumoy dresse le constat accablant d’une « poésie peu à la mode », « reléguée dans les collèges », ensevelie « dans la poussière du cabinet ». Cependant le savant jésuite entrevoit un espoir pour le renouvellement du genre : en revenant vers la philosophie et les sciences, la muse néo-latine pourrait selon lui se « réconcilier avec [son] siècle ». Dans la publication en 1721 du poème de Claude Fraguier sur la morale de Platon (Mopsus sive schola platonica de hominis perfectione), ainsi que dans l’Anti-Lucrèce du cardinal de Polignac (Anti-Lucretius sive de deo et natura libri IX), dont il a circulé des copies avant l’édition posthume de 1747, Brumoy croit deviner les premiers signes de cette « chance de salut pour la poésie latine ». L’objet de cette étude est de chercher à comprendre comment, aux yeux des « gens à latin », une langue « peu à la mode » peut être transformée en atout pour la poésie scientifique.


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