Études et recherches sur les relations entre la littérature et les savoirs

La littérature s’est-elle jamais distinguée de l’univers des savoirs au point de s’en isoler totalement ?Ne trouve-t-on pas au contraire, dans les œuvres comme dans les réflexions explicites des écrivains sur leur projet, la trace d’une imbrication toujours présente et active, parfois centrale ? En voulant faire de l’entreprise littéraire et de l’entreprise scientifique des champs à l’identité close, notre culture ne s’est-elle pas rendue partiellement aveugle à la réalité d’un fondement cognitif commun ? Lire la suite

Publications récentes

 

Épistémocritique, volume 17. Nouveaux paradigmes du virus et du parasite
Sous la direction de Pierre-Louis Patoine, Aude Leblond et Liliane Campos

Au confluent des sciences du vivant et de la littérature, ce numéro d’Épistémocritique interroge le rôle du virus et du parasite dans l’imaginaire littéraire et artistique contemporain. Signes d'agentivité non-humaine, de prolifération, d’envahissement ou d’épidémie, ces figures ont gagné en importance au cours des dernières décennies, alors que l’extension des réseaux numériques et techniques intègre toujours davantage le vivant à des environnements médiatisés, où la technique se constitue en milieu (Ellul 1977 p. 45). Littéraux ou figurés, le virus et le parasite permettent de penser les relations qui s’établissent entre différentes formes de vie, à une époque où s’affrontent politiques immunitaires et politiques de l’hospitalité, et où l’humain doit redéfinir sa place au sein d’un écosystème planétaire.

Questions sur l'encyclopédisme. Le cercle des savoirs de l'Antiquité jusqu'aux Lumières
Edition Nicolas Correard et Anne Teulade


L'essor de l’encyclopédisme numérique, dont le succès de Wikipédia est le signe le plus frappant, n’est pas sans bousculer un paradigme classique, qu’on croyait établi depuis Diderot et D’Alembert. Ce phénomène rend d’autant plus actuel le besoin de comprendre les origines de l’encyclopédisme tel que nous le connaissons : tout ce qui ne va plus de soi, depuis une ou deux décennies, n’allait justement pas de soi jusqu’à l’avènement de la modernité. La disposition en cercle des savoirs, sens étymologique de la notion d’encyclios paideia, suppose en effet un geste d’écriture, corollaire de la recherche d’un sens : l’accumulation des savoirs n’a pas toujours été tenue pour un effet positif ou pour une finalité propre de l’encyclopédisme, pénétré de discours moraux, philosophiques ou théologiques qui en conditionnent l’existence. Toute pratique de l’encyclopédisme suppose un imaginaire culturel des savoirs, que ce colloque entend explorer.

 

 

 

Un territoire en partage. Littérature et sciences au XIXè siècle
Etudes réunies par Elsa Courant et Romain Enriquez


Ce recueil d’articles rassemble les actes d’un colloque de jeunes chercheurs, « Littérature et sciences au XIXème siècle », qui s’est tenu en 2015 à l’École Normale Supérieure d’Ulm. Ces travaux ont pour point de départ une enquête raisonnée sur la forme des croisements possibles entre des discours apparemment hétérogènes, en particulier par l’intégration de savoirs scientifiques au cœur de la création littéraire. Dans la continuité d’études transdisciplinaires portant sur la bipartition entre les lettres et le savoir au XIXème siècle, il s’agit d’envisager en diachronie l’émergence d’un partage pérenne entre deux champs souvent jugés irréconciliables, en s’interrogeant sur ce que les pratiques, les discours et les méthodes scientifiques ont pu apporter à la création littéraire durant cette période, mais aussi en quoi un regard informé par l’histoire des sciences et les technologies actuelles peut enrichir la lecture des œuvres de l’époque. Sous quel visage la science s’invite-t-elle dans les romans, la poésie ou la critique ? Est-elle un contenu, une méthode, une forme discursive, une source d’inspiration ? Fait-elle autorité, constitue-t-elle un repoussoir ? Et que peuvent apporter les connaissances historiques et scientifiques d’aujourd’hui pour la lecture des textes d’alors ? Les diverses contributions de ce recueil s’attachent à définir en commun une cartographie de ces effets de convergence, à travers des études de cas s’inscrivant sur la limite, souvent floue et poreuse, qui sépare la littérature et la science, autant qu’elle les rassemble.

Épistémocritique, Volume 16. Vers une épistémocritique hispanique. / Pasos hacia una epistemocrítica hispánica
Sous la direction de Francisco Gonzàlez et Amelia Gamoneda

Ce 16e numéro de la revue Épistémocritique est né dans le dessein de rendre un peu plus visibles les diverses lignes de recherche portant sur «la littérature et les savoirs» que l’on poursuit depuis ces dernières années en Espagne. Expression d’un engouement grandissant pour ces questions, aussi bien du côté des sciences que des humanités, Vers une épistémocritique hispanique est un ouvrage collectif réalisé dans le cadre du Projet de recherche ILICIA. Inscriptions littéraires de la science. Langage, science et épistémologie. FFI2014-53165-P du Ministère de l’Économie et de la Compétitivité d’Espagne.
El presente número 16 de la revista Épistemocritique surgió con el propósito de dar mayor visibilidad a las diversas líneas de investigación que, a lo largo de estos últimos años, han venido dedicándose en España a «la literatura y los saberes». Expresión de un interés creciente por estas cuestiones, tanto del lado de las ciencias como de las humanidades, Pasos hacia una epistemocrítica hispánica es una obra colectiva realizada en el seno del Proyecto de Investigación ILICIA. Inscripciones Literarias de la Ciencia. Lenguaje, ciencia y epistemología. FFI2014-53165-P del Ministerio de Economía y Competitividad de España.

Entre l'oeil et le monde. Dispositifs d'une nouvelle épistémologie visuelle dans les sciences de la nature
Textes réunis par Nathalie Vuillemin et Evelyn Dueck

Sur quelles bases définit-on une bonne vision ? Comment transforme-t-on l’observation en connaissance spécialisée ? Quel rapport établit-on entre les objets observés et les différents relais (texte, image, cabinet, musée, préparation microscopique) qui permettent d’en rendre compte ? Ce volume s’attache à explorer les liens entre vision et savoir au XVIIIe siècle, en étudiant la manière dont les savants eux-mêmes les ont pensés et travaillés. Alors que s’ébauche le grand mouvement de spécialisation qui conduira, depuis le milieu du XIXe siècle, à une séparation radicale entre vision commune et vision scientifique de la nature, on pense de plus en plus l’acte perceptifen termes d’apprentissage : guidé par un savoir-faire théorique et technique, par différents dispositifs visuels ou médias, le regard passe progressivement de l’espace des phénomènes à celui de la connaissance.

Cette introduction a pour objectif de soumettre au lecteur les hypothèses théoriques et les perspectives critiques qui ont guidé l’élaboration de nos recherches, au sein de la vaste littérature consacrée à l’observation spécialisée. Nous souhaitons ainsi situer les études de ce volume par rapport, d’une part, à ce que les dispositifs visuels doivent aux communautés. Nous nous pencherons d’autre part sur les problèmes épistémologiques soulevés par la nécessité d’élaborer des formes d’observation spécifiques à certains objets et sur les liens qui se tissent entre les dispositifs de visualisation et le processus d’interprétation de ce qui est perçu.

 

 

 

 

 

 

 

 

Inscriptions Littéraires de la Science
Textes réunis par Amelia Gamoneda et Victor E. Bermudez

En juillet 2013, alors que la grande chaleur du plateau castillan sévissait, une vingtaine de chercheurs de disciplines diverses ont trouvé refuge – durant trois journées – auprès de la fraîcheur des vieilles pierres de la Faculté de Lettres de l’Université de Salamanca. Venus des quatre coins de la « Peau du taureau » et de plusieurs angles de « l’Hexagone », ils ont cherché à réunir art et mathématiques, physique et littérature, neuroscience et poétique, anthropologie et intelligence artificielle, biologie et esthétique sous l’enseigne des « Inscriptions littéraires de la science ». L’équipe de recherche éponyme – ILICIA, de son acronyme – les avait invités, espérant ainsi inaugurer un dialogue de disciplines, unique dans le domaine académique espagnol. Depuis, le dialogue a fait route et deux projets de recherche se sont succédés, accompagnés de publications.

 

proses de l'inventeurProses de l’inventeur. Ecrire et penser l’invention au XIXè siècle
Textes réunis par Muriel Louâpre

Détrôné au siècle suivant par le savant-chercheur, l’inventeur n’est pas encore au XIXe siècle ce spécimen loufoque qui prêtera à rire dans les futurs concours Lépine. Au contraire, la France postrévolutionnaire voit le sacre de l’inventeur comme figure d’exception, dont la légitimité a été renforcée par l’essor des sociétés d’émulation et la mise en place des systèmes de brevets, maillon indispensable entre l’invention et le capitalisme naissant. La création de la Société des inventions et découvertes composée « d’inventeurs, de savants, d’artistes et d’amateurs […] sans prééminence entre ces quatre classes » comme l’annoncent en 1790 ses statuts, a préparé et facilité l’adoption d’une loi « relative aux découvertes utiles et aux moyens d’en assurer la propriété à ceux qui seront reconnus en être les auteurs », première pierre de notre législation sur les brevets. La monarchie de Juillet va également favoriser l’invention, notamment avec la loi de 1844 qui facilite le dépôt de brevet, puis la fondation en 1849 par le Baron Taylor de l’Association des Inventeurs et Artistes Industriels, qui marque le glissement vers un monde de l’invention divisé entre arts appliqués et mécanique, incluant désormais les ingénieurs. Le premier XIXe siècle est donc particulièrement attentif à l’inventeur, rouage précieux du nouveau système capitaliste ; c’est le temps des David Séchard, à la fois synthèse et référence d’un inventeur idéaliste sorti du rang, et au service du bien commun. Plus loin dans le siècle, en 1867, un pamphlet d’Yves Guyot défend explicitement un idéal de l’inventeur héraut de la société démocratique et républicaine, et constitue de ce fait un marqueur dans la construction médiatique cette fois du personnage d’inventeur.

 

couverture-imageThéâtre et médecine.
Etudes réunies par Florence Filippi et Julie de Faramond

Cet ouvrage réunit les actes du colloque international « Théâtre et Médecine » organisé à la Faculté de Médecine de l’Université Paris Descartes en 2010. Plusieurs hypothèses ont guidé les réflexions compilées dans ce volume. La première consistait à envisager les raisons qui motivaient le corps médical à concevoir sa pratique comme un spectacle à part entière, puisant dans les ressources de la mise en scène théâtrale les moyens d'une représentation efficace de son pouvoir thérapeutique. L’hypothèse seconde relevait du constat réciproque que les théoriciens du théâtre, comme les dramaturges et les metteurs en scène, s’étaient emparé à maintes reprises du discours du médecin pour penser une poétique de la scène, exploitant les pathologies et les symptômes du malade pour établir un diagnostic de la pratique théâtrale. Cherchant à se légitimer mutuellement, théâtre et médecine ont été renvoyés dos à dos par leurs détracteurs, nourrissant aussi bien la critique de leurs effets pathologiques que l'éloge de leurs vertus thérapeutiques. Dans cette optique, les études réunies ici examinent cette relation de fascination et de répulsion mêlées, afin de penser le médical comme élément spectaculaire, et considérer le discours du médecin comme paradigme épistémologique pour le théâtre. À partir d'une double approche, diachronique et synchronique, cet ouvrage tente ainsi d’analyser des dispositifs et des discours communs à la médecine et au spectacle vivant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15Epistémocritique, Volume 15. Savoirs et littérature dans l’espace germanophone.


On assiste aujourd’hui à une véritable explosion des recherches sur les savoirs et la littérature en Europe. Il devenait urgent de rendre compte de la vitalité de ces recherches en faisant un tour d’horizon des travaux qui essaiment aujourd’hui à travers toute l’Europe. Cette quinzième livraison d’Epistemocritique initie ce tour d’horizon par un état des lieux de la recherche dans les pays de langue allemande (Allemagne, Autriche, Suisse), où une variété d’approches et de positions différentes se sont développées, donnant lieu à des controverses parfois très vives. Réalisé par Hildegard Haberl, ce numéro d’Epistemocritique propose un éventail de quelques-unes de ces approches et orientations ainsi que des tensions et débats qu’elles ont suscités, témoignant de la vitalité d’un champ aujourd’hui en plein essor dans le monde germanophone.

 

couverture3Belles lettres, sciences et littérature
Etudes réunies par Anne-Gaëlle Weber

S’il existe désormais de nombreuses études sur la question des „deux cultures“ et des partages disciplinaires entre sciences et humanités, elles tiennent rarement compte de l’écart existant entre le décret de leur séparation et sa réalisation effective, qui n’a pas toujours pris des formes aussi définitives ou univoques qu’on le croit généralement. C’est l’ambition de cet ouvrage que de redessiner l’histoire des articulations de la science et de la littérature en prenant pour point de repère temporel l’apparition de la notion moderne de « littérature » et le remplacement progressif du système des Belles Lettres par une nouvelle organisation des disciplines de l’esprit. Les études de cas réunies ici dessinent une nouvelle histoire de la séparation des « deux cultures », qui tient  compte de l’extrême variabilité historique et culturelle des mots « science » et « littérature ». Peut-on échapper à l’illusion rétrospective lorsqu’on analyse, à partir de nos catégories présentes, les « sciences » et les « littératures » passées ? Convient-il de subsumer l’étude de leurs rapports sous des catégories plus générales, comme les « imaginaires », ou faut-il considérer que les liens entre science et littérature jouent un rôle spécifique pour l’histoire de chacune de ces disciplines, qu’elles sont archétypales de certaines évolutions culturelles ? Tout en ébauchant un certain nombre de réponses à ces questions, cet ouvrage suggère que le modèle contemporain la spécialisation des disciplines savantes pourrait être nuancé, voire remodelé dans le sens d’une plus grande complexité.

 

14Epistémocritique, Volume 14. GREFFES.

Greffes, hybridations, percolations… les métaphores ne manquent pas pour décrire la circulation des modèles, des idées et des représentations entre sciences et littérature. Parmi ces métaphores, celle de la greffe jouit d’une mémoire culturelle et d’une épaisseur historique toutes particulières : aux XVIIIe et XIXe siècles, elle a été mobilisée de façon massive par les scientifiques et les écrivains pour figurer différentes modalités du dialogue entre discours littéraires et savants. Les études réunies dans ce volume illustrent quelques-unes de ces modalités, interrogeant à partir d’exemples précis les rapports réciproques de la science et de la littérature, leur concurrence possible dans le champ du savoir, mais aussi la manière dont se constituent l’une par rapport à l’autre la « connaissance de l’écrivain » et la « connaissance du savant.

 

13Epistémocritique, Volume 13. Littérature et savoirs du vivant.


Depuis le 19ème siècle, moment où naissent les sciences du vivant, la circulation des modèles et des théories liés à ce domaine crée un espace de production épistémique qui permet aux représentations culturelles du vivant de se diffuser et de percoler dans la pensée historique, politique et sociale grâce à une série d’analogies, de déplacements métaphoriques, de généralisations et d’extrapolations. Les études réunies dans ce numéro visent à cerner la diversité de ces appropriations et des usages qui ont été faits des sciences du vivant dans le champ plus vaste des savoirs sur l’homme, mais aussi dans la production littéraire et, plus généralement, dans l’imaginaire, afin de mettre en évidences leurs enjeux idéologiques ainsi que les effets de culture qu’elles ont produit.

 

couv ammonites2La Poésie scientifique, de la gloire au déclin
Etudes réunies par Muriel Louâpre, Hugues Marchal et Michel Pierssens

Ce volume réunit les actes d’un colloque international organisé à Montréal en 2010. Il part d’une interrogation, et ouvre un champ d’investigation : après avoir connu une sorte d’apogée à la fin des Lumières, autour de figures comme Delille, Erasmus Darwin ou Goethe, la « poésie scientifique » a-t-elle disparu avec le romantisme, qui, selon Sainte-Beuve, consomma la déroute de la poésie didactique et descriptive ? A-t-elle au contraire survécu, comme le suggère l’analyse quantitative des données éditoriales françaises, jusqu’en 1900 ? En ce cas, que faire des œuvres qui ont cherché, après cette date, à réinventer les modalités d’un dialogue entre poème et sciences, quitte à tourner le dos à toute tradition antérieure ? Peut-on encore parler d’un même genre ? Enfin le destin de cette poésie fut-il identique en France et dans d’autres pays européens ? Ce sont les pièces de cette enquête en cours, poursuivie selon d’autres voies par l’anthologie Muses et Ptérodactyles (Seuil, 2013), qui sont versées ici au dossier, avec 26 contributions synthétiques, monographiques ou théoriques, couvrant plusieurs siècles et plusieurs langues, du XVIIIe siècle à nos jours.

 

12Epistémocritique, Volume 12. Littérature et économie.

Le monde économique et le monde de la littérature et des arts ont souvent, depuis le Romantisme, été considérés comme antithétiques. Cependant les relations économiques sont présentes dans de nombreux textes et dessinent même une tradition littéraire. Après un bref parcours historique, du marchand dans la littérature du XVIIe siècle au Robinson de Defoe, des tribulations des personnages de Balzac dans le contexte du libéralisme naissant aux textes de Masséra, la littérature mettant en scène l’économie, surtout en période de crise, ne se contente pas de la représenter mais elle interroge les principes et l’éthique qui la fondent et entretient avec elle un dialogue constant .