La Margarita Philosophica de Gregor Reisch (1503) : quel type d’encyclopédie ?

Résumé/Abstract

La Margarita philosophica de Gregor Reisch (1503) parcourt l’ensemble des matières enseignées alors à l’université — en quoi il est le seul livre de son espèce au 16e siècle. Ce dialogue pédagogique entre un maître et un élève rompt avec le modèle des exercices scolastiques pour proposer un exposé linéaire et allégé que l’étudiant était censé lire en continu et en totalité. La place de l’illustration y est très importante. Elle est conçue, notamment dans les livres mathématiques, comme une aide indispensable à la compréhension et à la mémorisation du texte. Mais elle comporte aussi des images allégoriques qui aident à préciser à quelle conception de l’encyclopédie se rattachait l’auteur. On y retrouve la notion médiévale de l’unité du savoir, coiffée par la théologie, comme l’idée humaniste du « rond des sciences » à visée éducative. Mais l’ouvrage, avec les appendices dont il s’est chargé au cours du temps, témoigne aussi du passage à une conception plus pragmatique de la transmission du savoir, dégagée du cadre universitaire et se prêtant à tous les usages que voudraient faire du livre ses lecteurs autodidactes.

Mots clés : Reisch (Gregor), image scientifique, vulgarisation, pédagogie, encyclopédie


Téléchargez l'article au format PDF : 3-Isabelle Pantin