Histoire des sciences et des savoirs

Les Rendez-vous de l’histoire de Blois. Les trois tomes de l’« Histoire des sciences et des savoirs », dirigée par Dominique Pestre, marient avec bonheur rigueur et liberté. Impressionnant.   En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/livres/article/2015/10/01/le-genome-des-sciences-decrypte-par-l-historien_4779366_3260.html#Gw0gFHFwYyGhZmX7.99     Histoire des sciences et des savoirs. Tome I : De la Renaissance aux Lumières ; tome II : Modernité et globalisation ; tome III : Le siècle des technosciences, sous la direction de Dominique Pestre, Seuil, « Science ouverte », 516 p., 38 € chaque volume (en librairie le 15 octobre).

Nosographies fictives. Le récit de cas est-il un genre littéraire ?

L’enjeu de cet article est double : cerner l’influence du récit de cas sur la littérature du XIXe siècle afin de voir si l’on peut lui attribuer les caractéristiques d’un « genre » ; se demander, en retour, si les « observations » médicales, en particulier dans le cas de la psychiatrie, ne témoignent pas elles-mêmes d’une forme de pratique littéraire, qui serait le pendant de la pratique de la littérature par des médecins souvent lettrés, se plaisant à trouver dans des œuvres de fiction des modèles d’observation perspicace, ou dans la personnalité de leurs auteurs des cas cliniquement éloquents. Envisagé sous l’angle, formel, du récit de cas, ce croisement entre littérature et science devrait permettre d’interroger la porosité d’un « genre » compris comme une forme de discours à la fois spécifique et mixte : spécifique puisqu’elle relèverait d’une « convention pragmatique » (selon Antoine Compagnon1) et d’un acte rhétorique bien identifiables ; mixte, dans la mesure où les domaines l’actualisant sont a priori régis par des codes (voire des « cultures ») très dissemblables. Téléchargez cet article au format PDF: pdf/Marquer.pdf

La norme et l’écart : étiologie et idéologie au XIXe siècle

Tout cela étonnera fort les gens du monde, qui, en général, ont pris le mot Mathématique pour synonyme de régulier. Toutefois, là comme ailleurs, la science est l'œuvre de l'esprit humain, qui est plutôt destiné à étudier qu'à connaître, à chercher qu'à trouver la vérité […]. En vain les analystes voudraient-ils se le dissimuler, ils ne déduisent pas, ils combinent, ils comparent ; quand ils arrivent à la vérité, c'est en heurtant de côté et d'autres qu'ils y sont tombés.1 Les mathématiques sont souvent présentées comme un langage. Qu’ils les considèrent comme provenant d’un autre monde, le monde des « idées pures »2, ou comme le « langage commode » donnant accès à l’ « harmonie interne du monde »3, de nombreux discours sur les mathématiques s’organisent autour d’une distinction entre ces dernières et le « monde », au sens de ce qui se situe hors du langage. C’est à de tels discours de démarcations que nous consacrons cet article. Notre objectif n’est cependant pas de déconstruire ces discours du point de vue de l’histoire sociale4, ou de traiter des problèmes épistémologiques posés par des distinctions entre logique et intuition ou abstraction et expérience. Nous envisageons plutôt ces discours de démarcation en tant qu’ils forment des récits dont nous souhaitons saisir certaines modalités de construction et d’évolution. Téléchargez cet article au format PDF: pdf/Breschenmacher.pdf