Résumé/Abstract

L’idée d’une poésie scientifique évoque une sorte de paradis perdu, une tour de Babel des connaissances qui se serait plus ou moins effondrée avec les présocratiques, pour qui l’union de la poésie et du savoir allait de soi. Cette alliance ne s’est toutefois jamais complètement dénouée, et c’est aux XVIIIe et XIXe siècles que la poésie scientifique connaît son apogée, en raison notamment des développements de la science et de l’idée de progrès qui s’y greffe. Si le genre était déjà en grande partie dissout au XXe siècle, il n’en demeure pas moins que science et poésie ont continué de s’influencer, souvent de façon allusive, parfois avec dérision. Parmi les légataires de cette tradition, la figure de Francis Ponge est exemplaire : non pas parce qu’il incarne au mieux la survivance de la poésie scientifique, mais plutôt parce que son œuvre souligne les apories de cette pratique et qu’elle rend compte de ses transformations.


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