Déclinaisons. Le naturalisme poétique de Lucrèce à Lacan

Jonathan Pollock

Déclinaisons. Le Naturalisme poétique de Lucrèce à Lacan

Paris, Hermann, coll. “Fictions pensantes”, 2010

ISBN : 9782705670702
193 p. – 23 €

Les anciens atomistes (Démocrite, Épicure, Lucrèce) n’ont pas dit leur dernier mot. Désavoués par la physique moderne, leurs idées n’ont cessé d’inspirer le naturalisme poétique. L’essai que Jonathan Pollock consacre à l’influence du poème didactique de Lucrèce (« De rerum natura ») sur la littérature occidentale moderne. Mais un très grand nombre d’oeuvres, de Montaigne à Lacan en passant par Shakespeare et Mallarmé, portent le sceau de la poésie lucrétienne, c’est surtout en raison du primat qu’elles accordent aux phénomènes de mouvement et de métamorphose, et de leur mise en cause des régimes formels dominants. Plutôt que de filiation, il faudrait parler de contamination, de contagion. D’ailleurs, l’esthétique atomiste n’est pas seulement une épistémologie fondée sur les sens, elle suppose aussi une rhétorique et une théorie (physique) du langage. C’est cette « physiopoétique », pour employer un mot de Démocrite, qui se perpétue et se développe chez les émules modernes de Lucrèce.

Jonathan Pollock est professeur de littérature anglaise et comparée à l’Université de Perpignan-Via Domitia. Il est l’auteur de « Qu’est-ce que l’humour » (Klincksieck, 2001), « Le Rire du Mômo » (Kimé, 2002) et « Le Moine (de Lewis) d’Antonin Artaud » (Gallimard)