Appel à contribution, Líneas n°13 : ***Nouveau délai***Enchantement et réenchantement des rapports entre humains et non-humains dans le monde hispanophone

Depuis l’époque moderne s’est largement imposée en Occident l’idée que la nature est une entité dominable, réglée comme une machine dont les secrets encore non déchiffrés ne résisteraient pas aux progrès scientifiques de l’homme. Ce dernier, en roi et seigneur, s’arrogeait le droit d’exploiter des ressources naturelles jugées inépuisables. Disparues les divinités et puissances sacrées reliées aux éléments naturels, évanouies les corrélations entre l’humain et le reste du cosmos ; peu à peu s’élevait, infranchissable, une barrière entre humain et non humain, entre nature et culture (Descola 2005).

La crise, ou mutation écologique (Latour 2015) qu’une telle relation au vivant a entraîné, nous amène à une nouvelle altération de notre représentation du rapport entre l’humain et le non humain qui ébranle les fondements de cette pensée moderne.

La ‘nature’, sa force, sa puissance, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, nous rappelle que l’humain est loin d’être parvenu à la dompter et à en percer les mystères. D’autre part, les menaces écologiques (réchauffement climatique, biodiversité en péril, etc.) qui pèsent sur la survie de l’espèce humaine nous remémorent à quel point nous sommes intimement connectés à et non séparés de tous les éléments de la biosphère.

Dans tous les domaines, des sciences exactes aux sciences humaines et aux arts, s’élèvent des voix pour mettre en relief l’importance de ces étroites relations entre l’humain et le reste du vivant et pour en célébrer les beautés, secrets et richesses.

Assisterait-on à un réenchantement des rapports entre humains et non-humains ?

Dans la continuité des nombreuses recherches en écocritique menées sur ce sujet, et notamment dans la lignée du colloque « Lieux d’enchantement : écrire et réenchanter le monde », organisé à l’Université de Perpignan en 2016, la revue Líneas propose de consacrer un numéro à cette question en l’ancrant dans le domaine hispanophone.

Riche des cultures millénaires des peuples originaires qui façonnent encore aujourd’hui l’imaginaire latino-américain, traversé à de multiples reprises par les questionnements sur les liens entre le monde naturel et son identité, et à présent particulièrement sensibilisé aux menaces écologiques qui pèsent sur ses écosystèmes, le monde hispanophone offre d’abondants et précieux exemples de réflexions sur les relations entre l’humain et son milieu naturel.

Nous nous proposons donc d’explorer dans ce numéro comment les philosophes, penseurs, écrivains, cinéastes, peintres, etc. du monde hispanophone évoquent les relations fascinantes, enchantées et réenchantées entre humains et non humains.

Pour plus d’informations: cliquez ici

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