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Editorial. La géocritique au confluent du savoir et de l’imaginaire

Cette neuvième livraison de la revue Epistémocritique est consacrée à une approche critique aujourd’hui en plein essor, dont l’actualité éditoriale vient d’être relancée par la parution du dernier livre de Bertrand Westphal, Le Monde Plausible. Espace, Lieu, Carte (Paris, Minuit, 2011). La géocritique vient témoigner d’un intérêt renouvelé pour les relations de la littérature à l’espace qui, depuis les années quatre-vingt-dix, s’est manifesté non seulement dans le champ des études littéraires mais aussi dans celui de la géographie qui cherche à réinscrire le sujet dans l’espace, en tenant compte de sa dimension de construction sociale et des représentations culturelles qui le façonnent. Science pluridisciplinaire par définition, la géographie n’a plus aujourd’hui pour objet la Terre, le geos, mais la manière dont les hommes l’ont investie, transformée et interprétée au cours de leur histoire. Au centre de l’attention se trouvent désormais les espaces incarnés[1]. Ce changement d’objet va de pair avec un déplacement épistémologique qui privilégie une approche constructiviste : on ne part plus d’un donné mais d’un perçu, à savoir d’un espace constitué par un ensemble de représentations construites par ses acteurs. La perspective géophysique s’est ainsi effacée devant la géographie humaine et sociale qui rétablit le lien indissoluble entre géographie et histoire, interrogeant les lieux à partir de la stratification de leurs représentations picturales, littéraires, mythologiques, etc. Autrement dit, à partir de leur mémoire culturelle[2]. 

Parallèlement à cette évolution, les études littéraires se sont tournées vers des concepts et des notions qu’elles partagent avec les géographes : le lieu, le territoire, le paysage, la place à la fois locale et globale que l’homme occupe dans le monde, sa manière de l’« habiter » et de le partager avec l’autre, etc. Réhabilitant la fonction référentielle de l’œuvre, elles se sont intéressées non seulement aux représentations fictionnelles de l’espace mais aussi aux médiations entre espaces « réels » et espaces perçus, vécus, construits ou imaginés. Michel Collot distingue trois approches distinctes mais complémentaires de l’espace en littérature : tout d’abord, celle d’une « géographie de la littérature » qui se situe sur le plan géographique, mais aussi historique, social et culturel pour étudier « le contexte spatial dans lequel sont produites les œuvres » ; ensuite, celle d’une « géopoétique » qui étudie les « rapports entre l’espace et les formes et genres littéraires » ; enfin, celle d’une « géocritique » étudiant « les représentations de l’espace dans les textes eux-mêmes » et se situant « plutôt sur le plan de l’imaginaire et de la thématique »[3].

L’émergence de la géopoétique a marqué une étape importante dans cette nouvelle prise en compte de l’espace en littérature. Proposé en France par deux poètes, Michel Deguy et Kenneth White, le terme de géopoétique est susceptible de désigner à la fois une poétique et une poïétique[4]. Ses créateurs voulaient, par ce terme, souligner l’existence d’une « pensée géographique » au sein de la création littéraire, d’une écriture investissant l’espace sur la base d’un rapport sensoriel au lieu. Ressortissant de la création peut-être plus encore que de la critique, la géopoétique se présente comme un projet englobant dont les enjeux sont multiples : protection de la biosphère, liens entre poésie et écologie ou entre écriture et biologie, refondation d’un lien supposé perdu entre l’homme et le monde qu’il habite, etc.[5]. La géopoétique se définit elle-même dans les termes suivants : « Une théorie-pratique transdisciplinaire applicable à tous les domaines de la vie et de la recherche, qui a pour but de rétablir et d’enrichir le rapport Homme-Terre depuis longtemps rompu, avec les conséquences que l’on sait sur les plans écologique, psychologique et intellectuel, développant ainsi de nouvelles perspectives existentielles dans un monde refondé ». Très vaste dans son projet et non dénuée d’une dimension militante, la géopoétique vise à la création d’un « nouvel espace culturel » qui englobe les arts, les sciences et la philosophie, en vue de reconstruire un monde habitable.

Si la géopoétique est attachée au nom de Kenneth White, la géocritique est indissociable de la parution, en 2007, du livre de Bertrand Westphal, La géocritique : réel, fiction, espace. Donnant une acception plus spécifique au terme de géocritique que Michel Collot, l’auteur souligne que l’objet de la géocritique est moins « l’examen des représentations de l’espace en littérature » que « celui des interactions entre espaces humains et littérature »[6]. Par là, il s’agit de mettre l’emphase sur le fait que la littérature ne se contente pas de représenter notre monde mais qu’elle contribue activement à sa production, en dégageant des virtualités inaperçues qui interagissent avec le réel. Bertrand Westphal motive sa démarche par le « retour du réel en littérature » après une période formaliste qui avait mis ce dernier entre parenthèses, invitant à une nouvelle prise en compte du référent spatial dans la mesure où il est lui-même déjà chargé de références littéraires. S’attachant à la complexité des relations référentielles qui existent entre espaces littéraires et espaces réels, la géocritique postule une imbrication de l’imaginaire et de la réalité qui interdit de poser l’un comme modèle de l’autre, le référent n’étant pas toujours là où on le croit. En effet, si la représentation littéraire d’un lieu a pour effet de recréer ce lieu dans un espace mental, cette recréation peut activer certaines virtualités ignorées du lieu, en réorienter l’interprétation ou enrichir le faisceau de représentations imaginaires qui lui sont associées, de sorte que la représentation littéraire a une influence en retour sur l’espace référentiel. Autrement dit, la littérature participe à la construction du lieu lui-même, qui finit par se lire comme un texte où vient se sédimenter sa mémoire littéraire et culturelle. Entre espace et littérature, il ne s’agit donc pas d’une relation unilatérale mais d’une relation dialectique, qui est foncièrement dynamique puisqu’elle implique une transformation en retour du lieu en fonction du texte qui l’avait d’abord assimilé.

Bertrand Westphal a résumé les enjeux de la géocritique par quatre propositions : géocentrisme (l’objet premier de l’analyse n’est pas l’auteur ou le texte mais le lieu), multifocalisation (la multiplication des points de vue et leur hétérogénéité doit permettre une compréhension dialogique du lieu), polysensorialité (la description du lieu doit s’ouvrir aux dimensions tactile, olfactive et auditive afin de combattre le primat de l’appréhension visuelle) et stratigraphie (doté d’une mémoire culturelle, le lieu est constitué par l’accumulation de plusieurs couches temporelles)[7]. L’espace étudié par la géocritique se donne ainsi comme un espace incarné, qui est posé à la confluence de plusieurs points de vue (ceux de plusieurs écrivains appartenant idéalement à des cultures différentes) et pensé comme le fruit d’un incessant travail de création et de recréation. Ce n’est pas un espace anhistorique mais un espace-temps où se superposent plusieurs couches temporelles qui correspondent aux diverses stratifications intertextuelles, historiques ou mythiques qui se sont sédimentées en lui.

Autorisant une multiplicité d’angles d’approche et de perspectives, la géocritique a en son cœur une méthode comparatiste qui cherche à éviter le double écueil du subjectivisme et de l’ethnocentrisme. Voulant saisir l’espace postmoderne dans son instabilité et sa fluence, elle insiste sur les notions de transgression, de frontières, d’espaces interstitiels et d’identités hybrides. C’est donc en toute logique qu’elle fonde son épistémologie sur une interdisciplinarité qui croise les méthodes de la critique littéraire et celles des nouveaux courants apparus en géographie comme la géographie culturelle ou la géographie humaniste. Posant des questions d’ordre géographique au texte littéraire et des questions d’ordre littéraire à la géographie, elle ouvre un nouveau champ d’investigation qui se déploie à l’interface des sciences sociales et de la critique littéraire. Résolument interdisciplinaire dans sa démarche, elle n’hésite pas à ouvrir son champ à une multiplicité de domaines du savoir : philosophie, psychanalyse, anthropologie, sociologie, sciences politiques (géopolitique), architecture, urbanisme, etc. Cet espace de partage et de confrontation est un lieu d’émergence pour de nouveaux questionnements : quel apport l’étude littéraire de l’espace pourrait-elle fournir au travail des sciences sociales et inversement ? En quoi la description fictionnelle de l’espace pourrait-elle contribuer à notre connaissance d’espaces réels ? Peut-elle apporter un savoir qui serait inaccessible à d’autres disciplines ou à d’autres modes de représentation ? C’est à quelques-unes de ces questions que les études réunies ici tentent de répondre. Par leur diversité, elles manifestent la pluralité des plans théoriques et pratiques sur lesquels l’approche géocritique est susceptible de se déployer.

Bertrand WESTPHAL inaugure ce numéro avec une étude consacrée au concept de « ville créative », proposé par les urbanistes, dont il propose une relecture à travers la notion de thirdspace – « tiers-espace » – développée par Edward Soja. Défini comme « espace de l’altérité absolue, espace de confrontation et de métissage identitaires, espace aussi de « couplage du réel et de l’imaginaire », le tiers-espace est avant tout un espace de « co-présence » entre termes que l’on oppose habituellement. C’est donc un lieu de transgression qui pourrait trouver, dans la ville créative, un lieu d’expression pour autant qu’il s’inscrive dans un processus de créativité durable et sollicite un ensemble d’instances participant à la construction culturelle de l’espace urbain.

            Robert R. TALLY propose d’ élargir la géocritique en lui intégrant une méthode cartographique (cartographics) dont l’objectif serait, dans le sillage de Michel Foucault, de saisir le fonctionnement du pouvoir à travers l’organisation spatiale des sociétés modernes. Conçue comme un ensemble de pratiques critiques étudiant l’espace en relation avec les théories sociales et culturelles, la « méthode cartographique » proposée par l’auteur s’appuie sur une triade conceptuelle où se trouvent articulés la notion de « cartographie cognitive » (cognitive mapping) de Fredric Jameson, le « diagramme » de Michel Foucault – cette « carte du pouvoir » dans laquelle Deleuze voyait la plus grande réussite de Surveiller et punir – et le nomadisme de Gilles Deleuze et Félix Guattari qui analyse les rapports entre espaces lisses et espaces striés, espaces nomades et espaces du pouvoir. Cette méthode cartographique pourrait constituer une réponse à la production littéraire actuelle qui, selon l’auteur, propose une sorte de « cartographie romanesque » de l’espace contemporain qu’il appartient à la géocritique d’explorer et d’analyser. Un tel projet impliquerait une active prise en compte de la manière dont les savoirs de l’espace — y compris la cartographie géographique — sont employés tour à tour à des fins répressives ou en tant qu’instruments de libération. La géocritique pourrait ainsi se constituer en une critique sociale apte à découvrir des relations de pouvoir qu’une théorie moins attentive à la spatialité n’aurait pu déceler.

C’est aussi à un élargissement de la géocritique que nous convie Eric PRIETO, en faisant le détour par l’écocritique, mouvance critique aujourd’hui en plein essor dans les pays anglo-saxons mais encore très peu connue en France. Tout en partageant de nombreux présupposés avec l’écocritique, la géocritique s’en distingue sur deux points : son objet privilégié étant l’histoire culturelle des villes, elle reste silencieuse sur l’histoire naturelle et la place de l’homme dans la nature ; contrairement à l’écocritique, elle n’implique donc aucune forme d’activisme environnemental. Mais surtout, malgré sa réhabilitation de la fonction référentielle de la littérature, elle ne fait aucune place au rôle de l’expérience directe dans la construction et l’interprétation de l’espace. À l’inverse, l’écocritique ne sépare pas le sujet de son environnement : elle défend une conception de la « conscience incarnée » où les structures perceptives et cognitives du sujet sont envisagées comme le résultat d’un processus d’évolution qui constitue l’humain comme partie intégrante du monde naturel. Refusant le dualisme sujet/objet, l’écocritique souligne le rapport dialectique de l’homme au monde qu’il habite et qui l’habite, promouvant une approche holiste qui pourrait aider la géocritique à surmonter son parti-pris textualiste. En retour, la géocritique, avec son emphase mise sur la dimension performative de la littérature et sa théorie des mondes possibles, pourrait apporter une contribution à l’approche écocritique en lui donnant les moyens de saisir, dans toute leur complexité, les relations référentielles entre le texte et le monde. Pour illustrer ce nouveau « réalisme écologique », Eric Prieto se tourne pour finir vers l’écrivain guyanais Wilson Harris dont le rapport à la jungle est représentatif de ce changement de perspective.

Si l’écocritique réclame « plus de réel », l’approche générique de Christiane LAHAIE plaide en revanche pour « moins de réel ». Centrée sur la notion de genre, son étude s’efforce de dégager la diversité des mécanismes, dispositifs et stratégies mobilisés pour représenter l’espace dans la littérature, lesquels varient en fonction du genre ou du médium utilisé : théâtre, cinéma, poésie, nouvelle, etc. Proposant des outils spécifiques à chacun des genres et médias abordés, cette étude propose un élargissement de la géocritique dont l’ambition est d’émanciper cette dernière du dogme de la référentialité.  

C’est dans une toute autre direction que nous entraîne l’étude de Corin BRAGA qui, avec sa méthode « psychogéographique » (on « géographie psychanalytique »), met en évidence le jeu des projections psychologiques à l’œuvre dans la cartographie pré-moderne. Comme il le rappelle, les principes de construction de la cartographie antique n’étaient ni empiriques ni mimétiques, de sorte que les cartes avaient souvent un aspect totalement irréaliste. Cette « géographie symbolique » ne se distingue pourtant pas fondamentalement de la « géographie réaliste » : ce qui les sépare, c’est moins le degré de correspondance entre la chose et l’image qu’une différence touchant aux principes qui gouvernent la représentation de l’espace. Mobilisant les outils de la psychanalyse freudienne et de la psychologie jungienne, l’auteur met au jour les mécanismes complexes d’identification et de transfert à l’oeuvre dans l’ancienne cartographie, les motifs inconscients qui régissent la structure des cartes antiques et médiévales ainsi que les patterns psychologiques qui sont à la base de l’imagination géographique.

            Dans le même esprit, Marina GUGLIELMI s’interroge sur la qualité du lien existant entre le sujet et l’espace qui l’entoure. Partant de l’idée que l’expérience de l’espace est aussi une expérience du soi et que c’est dans la connexion entre espace intérieur et espace extérieur que le sujet se construit, elle analyse la relation espace/sujet en faisant appel aux théories de la psychologie de l’espace et à celles de D. H. Winnicott. Ce dernier a en effet montré que dans la phase transitionnelle du développement du moi s’effectue la construction imaginaire d’un pont reliant la pure subjectivité à la réalité objective. Dans le domaine littéraire, on peut retrouver des traces de ce pont dans la description mnémonique de l’espace de l’enfance et dans la construction des cartes mentales. L’auteure montre ce mécanisme à l’oeuvre dans un roman de Lalla Romano, La penombra che abbiamo attraversato (1966) [trad. fr. La pénombre (1992)].

   

Michel Foucault, Gilles Deleuze et Félix Guattari ont montré, chacun à leur manière, que l’organisation de l’espace était révélatrice du fonctionnement du pouvoir dans les sociétés modernes. Au-delà des enjeux culturels, écologiques ou psychologiques, l’analyse de l’espace dans la littérature a donc aussi une dimension politique qui est abordée ici par DIANDUE Bi kacou Parfait. Dans son étude, il appréhende la dictature africaine à la fois comme espace de déploiement d’un agir et comme force de structuration de l’espace dans les romans d’Ahmadou Kourouma. Comme il le montre, l’écriture de Kourouma, qui prend l’histoire comme substrat, délivre au point de rencontre entre espace fictionnel et espace réel un monde possible où se donne à lire le devenir tragique de l’Afrique.

Les dernières études se tournent vers l’étude d’espaces génériques comme l’île, le désert, le bidonville, etc. La parution du dernier livre de Bertrand Westphal, Monde plausible. Espace, lieu, carte, est pour Clément LEVY l’occasion d’une mise à jour qui l’amène à reconsidérer le traitement des espaces insulaires dans la littérature occidentale, de l’utopie au récit de voyage en passant par le roman d’aventure. S’appuyant principalement sur une lecture de Mardi (1849) d’Herman Melville et d’Isole (2005) de Marco Lodoli, il montre comment les îles fictives peuvent devenir le vecteur d’une mise à distance critique de la réalité insulaire référentielle.

Les romans urbains de César Aira se prêtent particulièrement bien à une étude géocritique, comme le montre l’étude de Marie COUTERET consacrée à un espace fétiche de l’écrivain argentin : le quartier de Flores à Buenos Aires. Mais c’est surtout son prolongement qui intéresse l’auteur ici, un bidonville mystérieux dénommé la villa, énorme tumeur se développant à l’insu de la ville et de son organisation rationnelle, qui enfle et se propage, redistribuant inlassablement du lisse dans l’espace strié de la ville. Espace « irréel », la villa devient le lieu où la fiction se réfléchit comme porte d’entrée vers une « réalité » posée comme inaccessible. Cessant ainsi de s’opposer, réel et fiction entrent dans un rapport dialectique qui permet à l’espace imaginaire – la villa – de devenir le révélateur de l’espace référentiel – le quartier de Flores – et de ses virtualités inexplorées.

Cette question des rapports entre réel et fiction est cruciale pour la poétique de César Aira autant que pour la géocritique. Je la reprends dans mon étude consacrée à un autre espace emblématique de l’écrivain argentin : la Pampa. Par sa vacuité et son immensité, la Pampa semble à première vue aux antipodes de l’espace labyrinthique de la ville moderne. Pourtant, on le sait depuis Borges, l’étendue nue du désert, privée d’obstacles comme de limites, représente peut-être la forme la plus épurée du labyrinthe. La Pampa de César Aira est un lieu d’égarement et de perte des repères, un espace de métamorphoses et de déterritorialisations qui entraîne les personnages dans un devenir-Indien qui est aussi un devenir-artiste. À travers cet espace nomade qui remet en question toutes les logiques binaires – en particulier les oppositions sauvage/civilisé et réel/fiction -, Aira réfléchit son propre statut d’écrivain argentin en même temps que celui de la littérature comme puissance illimitée de création et de recréation de l’espace, au confluent du mythe, de la réalité et de la fiction.



[1] Sur les nouvelles tendances en géographie, voir l’article de Christine Baron dans LHT n°8 : Christine Baron, « Littérature et géographie : lieux, espaces, paysages et écritures», N°8, LHT, Dossier, publié le 16 mai 2011 [En ligne], URL : http://www.fabula.org/lht/8/8dossier/221-baron; Voir aussi , dans le même numéro, l’article de Michel Collot qui évoque les travaux de Marc Brosseau dans Les romans géographes, ceux de François Béguin dans La construction des horizons et, enfin, les travaux d’Yves Lacoste et de Jean-Louis Tissier consacrés à Julien Gracq, lui-même géographe et écrivain. Michel Collot, « Pour une géographie littéraire » n°8, LHT, Dossier, publié le 16 mai 2011 [En ligne], URL : http://www.fabula.org/lht/8/8dossier/242-collot.

[2] Comme le souligne Michel Collot, une « géographie humaniste » s’est développée depuis les années 70 en réaction contre « l’évolution d’une discipline qui, à la faveur du perfectionnememnt des moyens techniques, mathématiques et informatiques mis à sa disposition, avait tendance à privilégier une analyse objective et abstraite de l’espace géographique au détriment de sa dimension humaine et sensible ». Ibid.

[3] Ibid.

[4] Comme le rappelle Michel Collot, c’est Michel Deguy qui, le premier, a esquissé la notion qui a ensuite été approfondie par Kenneth White dans Le plateau de l’Albatros où il a proposé une Introduction à la Géopoétique.

[5] Voir sur la question l’article déjà cité de Christine Baron dans LHT n°8.

[6] Bertrand Westphal, « Pour une géocritique des textes », 30/09/2005, SFLGC (Vox Poetica), URL : http://www.vox-poetica.org/sflgc/biblio/gcr.htm. Publication 30/09/2005.

[7] Bertrand Westphal, La géocritique : réel, fiction, espace. , Paris, Minuit, 2007, p. 200.

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