Enchantement et réenchantement des rapports entre humains et non-humains dans le monde hispanophone (Líneas, n° 13)

Appel à contribution Líneas n°13: Enchantement et réenchantement des rapports entre humains et non-humains dans le monde hispanophone

Numéro dirigée par Marie-Pierre Ramouche (Université de Perpignan)

Depuis l’époque moderne s’est largement imposée en Occident l’idée que la nature est une entité dominable, réglée comme une machine dont les secrets encore non déchiffrés ne résisteraient pas aux progrès scientifiques de l’homme. Ce dernier, en roi et seigneur, s’arrogeait le droit d’exploiter des ressources naturelles jugées inépuisables. Disparues les divinités et puissances sacrées reliées aux éléments naturels, évanouies les corrélations entre l’humain et le reste du cosmos ; peu à peu s’élevait, infranchissable, une barrière entre humain et non humain, entre nature et culture (Descola 2005).

La crise, ou mutation écologique (Latour 2015) qu’une telle relation au vivant a entraîné, nous amène à une nouvelle altération de notre représentation du rapport entre l’humain et le non humain qui ébranle les fondements de cette pensée moderne.

La ‘nature’, sa force, sa puissance, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, nous rappelle que l’humain est loin d’être parvenu à la dompter et à en percer les mystères. D’autre part, les menaces écologiques (réchauffement climatique, biodiversité en péril, etc.) qui pèsent sur la survie de l’espèce humaine nous remémorent à quel point nous sommes intimement connectés à et non séparés de tous les éléments de la biosphère.

Dans tous les domaines, des sciences exactes aux sciences humaines et aux arts, s’élèvent des voix pour mettre en relief l’importance de ces étroites relations entre l’humain et le reste du vivant et pour en célébrer les beautés, secrets et richesses.

Assisterait-on à un réenchantement des rapports entre humains et non-humains ?

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