ACTES DU COLLOQUE « LES ESPRITS ANIMAUX »

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ACTES DU COLLOQUE « LES ESPRITS ANIMAUX » XVIème–XXIème SIÈCLE : LITTERATURE, HISTOIRE, PHILOSOPHIE Ouvrage publié à la suite du colloque « LES ESPRITS ANIMAUX » Organisé par Sylvie Kleiman-Lafon et Micheline Louis-Courvoisier 4-6 février 2016, Fondation Hardt, Genève   Téléchargez le volume complet au format PDF : Esprits_Animaux_Complet ISBN numérique PDF : 979-10-97361-09-9        

Table des matières

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ACTES DU COLLOQUE « LES ESPRITS ANIMAUX » 4-6 FÉVRIER 2016 FONDATION HARDT, GENÈVE   TABLE DES MATIÈRES  Téléchargez la table des matières au format PDF : Esprits animaux front matter   Introduction, Micheline Louis-Courvoisier et Sylvie Kleiman-Lafon   01. Christine Orobitg (Aix Marseille Université) : Les esprits animaux dans les traités médicaux de l’Espagne du XVIe et XVIIe siècle 02.

Introduction

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Depuis une dizaine d’années, certains chercheurs s’emploient à réactualiser le concept des esprits animaux. Minuscules corpuscules invisibles mais bien réels, composés d’air, de vent, de flamme ou de lumière selon les auteurs, ils avaient pour mission à la fois de capter les sensations du monde extérieur et celles de l’intériorité corporelle, d’en véhiculer les impressions jusqu’au cerveau, et de déclencher les mouvements corporels en fonction des impressions reçues. Leur rôle les ancraient au cœur du vivant et, malgré l’incertitude qui caractérisait leur nature physique, la réalité de leur existence ne faisait, depuis Galien, aucun doute ni pour les chimistes, ni pour les physiologistes, ni pour les romanciers, ni pour les médecins, ni pour les philosophes. Pour certains auteurs, ils circulaient dans tout le corps par les circuits veineux et/ou nerveux, pour d’autres ils évoluaient à l’intérieur de toutes les fibres, comme l’a récemment montré Hisao Ishizuka (2016).

Le discours sur les esprits animaux dans les traités médicaux de l’Espagne du XVIème et XVIIème siècle : entre savoir et imaginaire, ou vers une poétique du discours médical

Mots Clés : médecine, Espagne, XVIème siècle, XVIIème siècle, imaginaire, poétique. Résumé : Cette étude analyse la représentation des esprits animaux dans les traités médicaux de l’Espagne des XVIème et XVIIème siècles ainsi que dans divers textes doctrinaux (textes philosophiques et encyclopédiques, mais aussi manuels spirituels), qui vulgarisent le savoir médical. On analysera plus particulièrement le rôle des esprits animaux dans l’économie corporelle, leur rôle de relais entre l’âme et le corps, entre physiologie et psychologie (au point d’arriver, chez un médecin comme Juan Huarte de San Juan, à une pensée quasiment déterministe). Enfin, l’étude s’attache aussi à démontrer comment, autour des esprits animaux, le discours médical déploie un réseau d’images, construit un véritable imaginaire, éloigné de la réalité physiologique mais riche en représentations convaincantes, en images organisées qui emportent l’adhésion de l’auteur et du lecteur. Ainsi se met en place une véritable poétique du texte scientifique, au sein de laquelle le processus de transfert d’images, l’analogie et l’antithèse acquièrent un rôle clé.

La théorie des esprits animaux ou l’alchimie poétique de La Fontaine

Mots clés : fable, morale, philosophie dualiste, animal, mécanique des passions. Résumé : La Fontaine s’est intéressé explicitement au moins à deux reprises à la théorie des esprits animaux : il l’expose dans son Poème du Quinquina pour louer un remède contre la fièvre et relayer la thèse de Harvey sur la circulation du sang ; il l’évoque également dans le Discours à Madame de La Sablière où il s’appuie sur Gassendi pour critiquer la vision dualiste de Descartes qui considère que les bêtes sont gouvernées par des principes purement mécanistes. Mais cette référence aux esprits animaux déborde à la fois ces deux textes et le seul cadre de la controverse philosophique pour nourrir l’écriture et l’imaginaire poétiques de l’auteur. La Fontaine l’associe en effet à l’idée d’une division et d’une dynamique de la matière également présente dans ses réflexions sur l’atomisme démocritéen. Ces corpuscules subtils et mobiles qui interviennent aussi bien dans les mouvements des organismes que dans la « mémoire corporelle » ou dans l’imagination deviennent ainsi l’occasion de suggérer les correspondances graduées qui relient les espèces, les circulations qui s’opèrent au sein du vivant et des textes. La théorie des esprits animaux contribue dès lors à justifier l’écriture analogique des Fables ou si l’on préfère l’alchimie mentale et poétique dont elles résultent.

Circulation des esprits animaux et écriture de l’affect dans quelques lettres de Sévigné

Résumé : On analyse traditionnellement la présence des « esprits animaux » dans les lettres de Mme de Sévigné comme la marque d’une stratégie d’enjouement et de revivification du discours de l’intime au service de la perpétuation du lien épistolaire. En revenant aux contextes d’apparition de la référence savante dans la Correspondance, en en saisissant les convergences et les continuités, on voudrait en suggérer une autre lecture, autour de l’idée que Sévigné exploite dans les « esprits animaux » des caractéristiques psychophysiologiques à travers lesquelles elle définit à la fois son rapport au vivant et à l’écriture. Mots-clés : esprits animaux, Sévigné, Descartes, psychophysiologie, épistolaire, émotions

Henry More ou les esprits animaux au service de la pneumatologie

Mots clefs : Henry More, Descartes, dualisme, métaphysique, conarion, sens commun, spirit. Résumé : « Cet empire que notre âme a sur les esprits animaux, d’où vient-il ? Comment s’y prend-elle pour les faire couler dans toutes les parties du corps ? ». À cette question que lui pose Henry More dans une lettre du 5 mars 1649, Descartes ne répond pas autrement, le 15 avril 1649, qu’en annonçant que son traité à paraître des Passions de l’âme (publié à l’automne 1649) contient les explications demandées. Pourquoi donc More, qui affiche par cette question sa confiance dans la capacité de la philosophie de Descartes à résoudre la difficulté exposée, reprend-il cependant inlassablement, dans ses premières grandes œuvres philosophiques, An Antidote against Atheism (1653), An Appendix to An Antidote against Atheism (1655) et The Immortality of the Soul (1659), la démonstration que les esprits animaux ne peuvent pas se diriger eux-mêmes, ni être commandés par le cerveau, ou par cette partie du cerveau que Descartes nomme la glande pinéale, mais qu’ils sont l’« instrument général » et « immédiat » de l’âme ? Si la question du principe du mouvement animal ou volontaire revient dans ces différents écrits avec une insistance croissante, c’est que pour More, ce n’est pas de l’union de l’âme et du corps, mais de leur distinction réelle, que témoigne la subordination des esprits animaux au commandement de l’âme. Les esprits animaux constituent à cet égard un rouage essentiel dans la constitution par More de sa première doctrine métaphysique.

Hobbes, les esprits animaux et la science politique du corps en tant que mécanisme vivant

Résumé : Thomas Hobbes développe sa propre perspective sur les esprits animaux depuis son œuvre de jeunesse, Court traité des premiers principes (1630), dont les échos continuent à être identifiés dans ses écrits philosophiques ultérieurs, notamment dans Eléments du droit naturel et politique (1640), De motu, loco et tempore (1643) et même dans le Léviathan (1651). En prenant comme point de départ sa propre interprétation mécaniste de l’idée de « puissance active » d’Aristote, Hobbes place les esprits animaux au cœur de son argumentation concernant la relation du corps humain avec l’extérieur, le tempérament psychologique de chaque individu, la naissance des passions. Sous l’influence des naturalistes italiens dans l’interprétation du contenu de l’idée d’esprit et à l’aide de sa propre interprétation des esprits animaux, Hobbes adopte aussi une position critique par rapport à l’argument traditionnel sur le rôle du péché dans le comportement immoral de l’homme. Mots clés: esprits animaux, puissance active, naturalisme, sensation et passion, matière subtile

Material-cerebral plasticity, fluid ontology: the case of animal spirits

Abstract Animal spirits – the messengers of the body, as Mandeville called them – cross domains such as neuroscience, literature, culture, and economics. Additionally, they are not a neutral concept. On the one hand, the history of neuroscience tends to claim that it was the abandonment of animal spirits which allowed experimental neuroscience to emerge. In contrast, more culturally oriented historians of ideas see the spirits as 'freed' from a linear scientific development, as agents of fluidity and dynamism, whether strictly as regards models of the brain and nervous system, or of matter and life overall. Animal spirits then seem to be a key case, or at least a particularly vivid case which calls for ‘historical cognitive science’ analysis or ‘historical neurophilosophy’, as some have proposed. For they testify to a tension between two models of the brain, both at the time of Willis et al., and now: a more mechanistic picture of brains (the brain is a mere lump of inert substance and/or a fully mechanistic system) and a more dynamic picture of the brain as self-transforming and malleable (plastic, in current parlance), as I have described elsewhere with reference to Diderot’s image of the brain as a ‘book which reads itself’. In this paper I seek to reconstruct this dynamism and to show how it related to a dynamic form of materialism. Keywords – mots-clés Matérialisme, cerveau, plasticité Materialism, brain, plasticity

Sur les traces des esprits animaux Lecture anachronique d’une métaphore psychophysiologique entre Nicolas de Malebranche et les sciences du cerveau contemporaines

Résumé Dans la longue histoire des « esprits animaux », la métaphore de la « trace » a été pour un temps une puissante ressources explicative pour rendre compte d’une variété de phénomènes de l’esprit dont les causes matérielles étaient inaccessibles à l’expérience. Inspiré par l’étude des métaphores proposée par Hans Blumenberg, ce bref essai décrit la parenté surprenante entre la métaphore de la trace chez Nicolas de Malebranche et celle revenue sur l’avant-scène de la neurophysiologie contemporaines de la mémoire, deux moments séparés par la longue éclipse que lui imposa la philosophie empiriste et la science expérimentale. Le pivot de cette courte enquête aux allures anachroniques est la récurrence entre deux contextes si contrastés d’une interrogation partagée sur le fonctionnement de l’esprit qui puisse allier philosophie du sujet et physiologie du cerveau.

Retour sur le pouvoir de l’imagination des femmes enceintes

Résumé : Dans le chapitre que Malebranche consacre à l'imagination dans la Recherche de la vérité, il établit le lien entre la diversité des esprits animaux et l'importance des facteurs physiologiques externes, en soulignant la « délicatesse » des fibres de la femme. En effet, Malebranche distingue deux causes physiques du dérèglement de l'imagination : l’une physiologique porte sur la délicatesse des fibres du cerveau et touche tout particulièrement les personnes vulnérables et fragiles. L’autre est le fait des esprits animaux, ces corpuscules vaporeux qui partent du cerveau pour aller dans les nerfs et sont à l'origine de nos impulsions psychologiques. Soixante-dix ans plus tard, Maupertuis dans le chapitre XV de la Venus Physique (1745) reconnaît l'impact de l’imagination mais n'admet pas la ressemblance entre ce qui cause la passion (bonne ou mauvaise) et l'effet qui en résulte sur le corps de l'enfant. Entre ces deux textes, une littérature dite « populaire » s'est emparée de cette croyance selon laquelle l'imagination de la mère peut marquer, au sens propre, le corps de l'enfant jusqu'à expliquer la monstruosité de certains corps. Cette littérature a réinvesti l'instrument épistémique des esprits animaux de manière différenciée : de sa reprise fidèle à son absence assumée, c'est toute une palette explicative qu'il convient de retracer. Si l'explication de ces empreintes sur le corps de l'enfant convoque traditionnellement une réflexion sur le déséquilibre des humeurs, elle est aussi l'occasion d'analyser de manière quasiment ethnographique un fantasme devenu lieu commun, celui d'une supposée « théorie populaire de l’hérédité ». L’enjeu de ce chapitre est de revenir en amont du partage entre culture savante et culture populaire et de montrer à travers l'analyse de textes savants publiés dans les premières années du XVIIIe siècle et d'articles du Journal des sçavans l'intrication entre fantasmagories fictives et discussions théoriques serrées sur la théorie malebranchiste de l'imagination. Mots clefs : Malebranche, imagination, esprits animaux, traumatisme in utero, passions, empreinte.

Le dérangement des esprits animaux dans les troubles du sommeil aux XVIIe et XVIIIe siècles

Résumé : La théorie des esprits animaux pour expliquer les causes du sommeil connaît un très grand succès au cours du XVIIIe siècle. Pour beaucoup de médecins et de philosophes, il n’y a aucun doute, la cause véritable du sommeil, c’est l’arrêt, la retenue et la détention des esprits animaux dans le cerveau fatigué par le labeur de la journée. Sans le mouvement continuellement assuré par les esprits animaux, le corps humain ne peut produire aucun déplacement. Le repos des esprits est donc fondamental. Néanmoins, la machine corporelle se détraque parfois et les esprits animaux sont alors incriminés. Les curieux qui s’intéressent alors aux troubles du sommeil doivent interroger leurs connaissances et essayer de déterminer le rôle que jouent les esprits animaux lors des crises d’insomnie et de somnambulisme. En fait, chez la plupart des contemporains qui les ont commenté, le diagnostic est simple : les esprits animaux qui devraient se reposer et se fortifier (principe naturel de l’alternance jour-nuit et veille-sommeil) sont tout simplement dérangés. Mais, le plus dur reste à comprendre : qu’est-ce qui conditionne cette altérité et quelles sont les causes profondes de ce dérèglement ? Pour l’insomnie, les explications ont été identifiées et diffusées dans quelques traités de médecine (Ettmüller, Chomel, …) et il convient avant tout de maîtriser la forme de l’insomnie en observant sa durée et sa récurrence. De plus, ce qui agit sur les esprits animaux n’est pas uniquement physique, mais aussi moral. Pour le somnambulisme, les sources sont plus rares, même s’il devient un objet de curiosité au début du XVIIIe siècle. Une des approches les plus classiques, celle du médecin d’Avignon Gastaldy (1664-1747), iatro-mécanicien convaincu, permet de voir que le somnambulisme a été traité comme une activité liée à la passivité du rêve, ce qui permet à Gastaldy de mieux faire accepter les « fuites d’esprits animaux » à l’origine des mouvements inhabituels du corps. Mots-clefs : esprits animaux, insomnie, somnambulisme, troubles du sommeil

Des esprits animaux aux esprits élémentaires : physiologie et poétique chez Tiphaigne de La Roche.

Résumé : Tiphaigne de La Roche est un médecin et auteur du XVIIIe siècle, savant et habile compilateur ; son œuvre est placée sous le signe de la diversité générique : outre ses travaux proprement scientifiques, ses fictions ressortissent à plusieurs genres tels que le songe satirique, la fiction à vocation scientifique, le conte philosophique... la polyphonie observée dans ses ouvrages entre en résonance avec la diversité générique et la multiplication des thématiques abordées. Mais une constante demeure : la présence d’esprits au rôle des plus étonnants chez cet adversaire du systématisme philosophique et du matérialisme. Tantôt, il fonde telle théorie physiologique sur les esprits animaux (la théorie des sympathies ou la génération, par exemple), tantôt il joue sur une personnification de ces « êtres » devenant quasi-merveilleux. Et l’on dérive alors des esprits animaux vers les esprits élémentaires : cette filiation est celle qui autorise le glissement du discours scientifique ou philosophique vers l’invention et la fantaisie littéraires. S’agit-il d’une simple métaphore ou de l’expression d’une continuité ? Quand le médecin se fait fabuliste, les esprits sont le lien à la fois poétique et scientifique entre les domaines de l’imaginaire et de la connaissance, un lien peut-être plus épistémologique qu’on ne pourrait le croire : il s’agira ici de montrer comment ces éléments essentiels de l’œuvre de Tiphaigne de La Roche animent sa pensée et son écriture. Mots clés : Tiphaigne de La Roche, Siècle des Lumières, Sciences, poétique, esprits animaux, esprits élémentaires, fantaisie.

Des esprits animaux atomiques ? Une interprétation pour l’origine de l’âme matérielle du XVIIIe siècle. De Telesio à Sade

Résumé : De Démocrite à Sade, on observe le développement d'une longue tradition philosophique et littéraire qui a supposé l'âme comme étant matérielle, capable de se dissoudre au moment de la mort, puis de s'intégrer à la nature. La substance de l'âme était tantôt corpusculaire, comme le soutenaient les Atomistes, tantôt continue, ainsi que le défendaient les Stoïciens. Mais il semble qu'à partir du XVIème siècle, il y ait eu une confusion entre les deux approches, de sorte que la substance de l'âme matérielle devient au fur et à mesure un fluide paradoxalement corpusculaire. Chez Sade par exemple, les esprits animaux sont assimilés à un fluide nerveux électrique qui se compose d'atomes. Et pourtant, un siècle plus tôt, un esprit animal atomique se trouvait déjà chez Gassendi, Willis et Newton. Il apparaît que c'est Telesio qui a initié ce mouvement – en mélangeant la notion d'âme telle que défendue par les Stoïciens avec celle de Lucrèce –, dont le modèle a été ensuite emprunté par son disciple, Campanella. Dans cet article, nous proposons d'examiner la tradition de l'âme matérielle envisagée comme un fluide subtil constitué de particules, voire d'esprits animaux atomiques. Nous essayerons de montrer que l'hypothèse est moins paradoxale qu'il n'y paraît au premier abord. Mots-clés : esprits animaux atomiques, âme matérielle, atomes, pneuma, physique stoïcienne, physique atomiste, XVIème-XVIIIème siècles.

Sade et les esprits animaux : Du matérialisme électrique au stoïcisme passionné

Mots-clés : Sade, esprits animaux, Descartes, nerfs, électricité, stoïcisme, passions, apathie Résumé : La doctrine des esprits animaux joue un rôle important dans la philosophie de Sade, en particulier dans sa théorie des passions. Sade modifie consciemment la notion d’« esprits animaux » par rapport à la tradition de la première modernité, en la déplaçant au sein d’un « matérialisme électrique ». L’idée d’énergie appliquée aux esprits animaux annule le dualisme cartésien, permettant un nouveau lien entre vie psychique et mécanismes physiologiques. Cette conception électrique des esprits animaux permet de mieux comprendre le rapport entre le physique et le moral dans le nouveau modèle anthropologique défendu par Sade : le libertin. Au refus cartésien des passions, le ‘divin Marquis’ oppose une forme originelle de « stoïcisme passionné ». Le contrôle des passions, généralement considéré comme but ultime d’un parcours de sagesse spirituelle qui conduit l’individu à se soumettre à un ordre supérieur, devient le moyen d’accéder à la pleine expression, égotique et totalement terrestre, de la dimension passionnelle.

Les esprits animaux et la châtaigne de Phutatorius : kinésie et agentivité dans Tristram Shandy de Laurence Sterne

Né en Irlande en 1713 et mort en 1768 d’une tuberculose, Laurence Sterne était un pasteur anglais qui officiait dans le Yorkshire. Il voyagea en Italie et en France, cherchant un climat susceptible d’apaiser sa tuberculose, pour finalement mourir à Londres. Il a peu écrit, mais son chef d’œuvre, Vie et opinions de Tristram Shandy, gentilhomme, roman publié en plusieurs volumes entre 1759-1767, eut une influence sur l’histoire de la littérature aussi grande que les œuvres de Cervantès et de Rabelais, dont Sterne se réclamait. Tristram Shandy fut par exemple à l’origine de Jacques le Fataliste de Diderot.

Un passé présent ? Des esprits animaux dans la poésie moderne et contemporaine

Mots clés : Poésie, physiologie, longue durée, matérialisme, René Descartes, Michel Deguy, Bernard Noël. Résumé : Quelle pertinence la notion d’esprits animaux a-t-elle pu conserver dans la poésie française des XIXe et XXe siècles, et par là, dans les mentalités, à une période où le concept avait de longue date perdu tout crédit pour les sciences du vivant ? On tente d’examiner cette question à partir d’un bref panorama de textes s’étalant de la fin des Lumières à la Belle-Époque, avant d’étudier l’exemple de deux poètes contemporains, Michel Deguy et Bernard Noël.

À PROPOS DES AUTEURS

  Téléchargez l'article au format PDF : À PROPOS DES AUTEURS     Guilhem Armand est Maître de Conférences en littérature française à l'Université de La Réunion. Il travaille principalement sur la littérature du XVIIe et du XVIIIe siècle. Son axe principal est le rapport entre fictions et sciences à cette période, avec quelques incursions au XIXe siècle.