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14 – Vivre avec la catastrophe, vivre avec l’image

La catastrophe est un sujet de choix dans l’univers des images. Elle est à la source d’une multitude d’imagiers aux ramifications infinies qui alimentent nos fantasmes et fournissent à nos angoisses des supports de compensation, sans craindre de réitérer jusqu’à l’écœurement des procédés tapageurs. Les photographes sont couramment de grands pourvoyeurs de cet ordinaire du spectaculaire ; toutefois parmi eux des artistes choisissent d’en prendre le contrepied, ils réalisent des photographies qui sollicitent notre vigilance en privilégiant une exaltation poétique au détriment d’une efficacité immédiate. Nous commencerons par regarder une photographie de guerre atypique mais célébrissime, prise en 1855 par Roger Fenton. The Valley of the Shadow of Death est emblématique d’une pratique photographique qui explore les limites esthétiques du médium. Robert Adams et Wout Berger s’appuient comme Fenton sur les codes de la figuration picturale et utilisent la photographie pour en faire l’instrument d’une critique contre les désastres écologiques. Leur pratique est également une véritable ressource contre l’imposture véhiculée par les images et dont nous sommes les victimes consentantes.

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1 – Le livre comme objet polysensoriel chez les bibliophiles

Dans son article « La ville sonore : Quelles sources pour l’histoire du bruit urbain ? », Aimée Boutin revient sur la méthodologie développée dans son livre City of Noise : Sound and Nineteenth-Century Paris. Elle recense une gamme de sources possibles pour écouter les sons du passé et « enregistrer » les bruits d'une rue parisienne d’avant la révolution industrielle, avant que l’enregistrement sonore n’existe. Étudier l’histoire du bruit nécessite une approche pluridisciplinaire articulant musicologie, histoire de l'art, études littéraires, histoire, architecture et urbanisme. Cependant il serait impossible de tout écouter ; il est donc nécessaire de réfléchir à la sélection des bruits quotidiens qui retenaient l'attention des auditeurs du passé et qui sont parvenus à nos oreilles. Enfin, cette étude examine si la tâche de l'historien·ne du paysage sonore se caractérise par la reconstruction ou plutôt par l'interprétation du passé sonore, en esquissant quelques exemples de chaque approche.

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